Usine Cottes au Fossat: selon les représentants de salariés le comité central d'entreprise confirme la suppression de 26 postes
La boulangerie industrielle Cottes SAS intègre depuis 2004 le groupe alimentaire belge Vandemootele qui se concentre sur trois segments: les produits à base de soja, les produits de boulangerie surgelés et les margarines et graisses.
On se souvient de triste mémoire du blocage de l’usine du Fossat en février 2008 suite à la mobilisation de 90% du personnel pour une revalorisation des salaires.
Aujourd’hui la problématique est toute autre: lors de la réunion du Comité Central d’Entreprise du 20 mai 2014 la direction de l'usine annonce un projet de licenciement de 26 postes, conséquence de l’arrêt d’une ligne de production (celle du pain cru), programmée le 31 août.
Un plan social entrant dans le cadre des dernières dispositions de l’ANI, l’Accord National Interprofessionnel, largement contesté par l'intersyndicale CGT/CFDT va être mis en place au grand dam des salariés qui entrevoient à court terme la fermeture du site ariégeois au profit d’une usine plus compétitive en cours de construction dans la région lyonnaise (un investissement de 46M€) et qui serait opérationnelle en juillet 2015.
Nous ne voulons pas payer les mauvais choix de la direction«Nous ne voulons pas payer les erreurs et le mauvais choix de la direction, précise secrétaire CGT Rabah Sedikhi qui rappelle que l’investissement de 1,3M€ pour le Mac Baguette s’est soldé par un échec commercial.
Le produit phare de notre usine, le Perenne n’est pas assez concurrentiel dans la gamme des pains précuits surgelés… Nous nous mobilisons aujourd’hui pour la survie du site. Nous ne sommes pas du tout dans le conflit social mais pour montrer à la direction du groupe l’implication des salariés. Nous sommes pour le dialogue»
Mais les élus CGT savent depuis l’application de l’ANI en 2013, qu’en deux mois maximum on peut mener à terme un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi).
«Le groupe a déjà fermé plusieurs sites en France avec des licenciements secs de tous les salariés. Dans deux ou trois cas, il se trouve que le motif économique n’était pas justifié pour les tribunaux. A nous de rester vigilants!»
La loi autorise les syndicats dans le cadre de ce plan de faire intervenir un cabinet d’expert comptable pour analyser en toute transparence la situation de la société. Une démarche d’une durée variable, reposant aussi «sur la bonne volonté des dirigeants» qui, espèrent-ils étayera leur propre analyse remettant en cause la légitimité de ce plan.
«Nous sommes dans une optique d’échanges constructifs et loyaux avec la direction mais encore faut-il que la direction nous écoute mieux, nous entende» ajoute Laurent Pont, délégué du personnel FO soulignant qu’en deux ans il a déjà eu cinq directeurs sur le site du Fossat.
Il n’y a pas d’humain dans ce projet de licenciementBeaucoup de déception au terme de cette réunion selon les termes de Rabah Sedikhi (CGT):
«La direction a refusé l’accord de méthode proposé par l’intersyndicale. Nous demandions un délai supplémentaire de 30 jours pour analyser l’expertise du projet économique des licenciements. Le prétexte invoqué est le suivant: depuis la signature de l’ANI la loi permet à l’employeur de fixer la procédure à deux mois, c’est le délai légal.
La direction n’a pas souhaité nous accorder 30 jours supplémentaires pour motifs économiques. Nous sommes toujours dans le dialogue mais à partir d’aujourd’hui le compte à rebours a commencé, l’expert a six semaines pour rendre son rapport et nous avons 15 jours pour négocier la procédure du PJE.
Les salariés nous ont suivis pour entendre de leurs propres oreilles les décisions prises par la direction. C’est pitoyable en se réfugiant derrière l’ANI il n’y a pas de dérogation possible! Il n’y a pas d’humain dans ce projet de licenciement»
Eric Muller, DRH France, confirme que la direction a refusé de décaler le délai légal: «Nous allons travailler de concert avec un cabinet d’expert qui rendra ses conclusions dans deux mois»
Quant à la procédure des 26 suppressions d’emploi, «nous sommes dans une procédure de consultation, l’avenir nous le dira. Nous ne sommes pas d’accord sur tous les sujets mais nous sommes encore dans le dialogue et nous reverrons les représentants du personnel le 19 juin prochain en essayant de travailler avec les élus»
Les salariés reprennent le travail dès demain mercredi et organiseront des réunions publiques dans les jours à venir.
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