Le recteur de la mosquée de Nanterre jugé pour détournement

© AFP/Archives - Fred Dufour
Le procès du recteur de la mosquée de Nanterre, soupçonné d'avoir détourné des centaines de milliers d'euros destinés à la construction d'un nouveau lieu de culte, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de cette commune des Hauts-de-Seine.
En djellaba grise, Mohamed Boudjedi a écouté, les yeux clos, la présidente de la XVe chambre du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, énumérer les charges qui pèsent contre lui.
Huit autres personnes comparaissent à ses côtés: trois responsables de Novolis, la société chargée des travaux, certains de leurs proches et le président de la coordination islamique des Hauts-de Seine, maître d'oeuvre du chantier. Ils encourent jusqu'à cinq ans de prison.
Ils sont soupçonnés d'avoir détourné une partie de l'argent versé par les fidèles et par l'établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche (Epadesa) à l'Association islamique des religieux de Nanterre en vue de l'édification du lieu de culte.
L'Epadesa s'était engagé à débourser un million d'euros pour financer le chantier. Avec une contrepartie: la cession du terrain où se trouve l'actuelle mosquée. L'établissement public voulait y construire des logements sociaux et un supermarché. Dès le début des travaux, à l'automne 2009, il débloque une première tranche de 250.000 euros. Les fidèles versent, eux, plus de 200.000 euros.
Une partie de ces sommes s'évapore du compte de l'association et est transférée sur des comptes offshore, notamment dans une banque de Chypre. Le chantier est rapidement interrompu, Novolis ayant cessé de payer ouvriers et fournisseurs. L'entreprise est placée au printemps 2010 en liquidation judiciaire.
L'Epadesa fait un signalement au procureur et une enquête est ouverte.
Les conseils des prévenus ont demandé la nullité de l'enquête, "inadaptée, non contradictoire et non respectueuse des droits de la défense", selon Jean-Yves Leborgne, avocat de l'un d'entre eux.
"Mon client est un bouc émissaire", a estimé, avant l'ouverture des débats, le conseil du recteur de la mosquée, Leila Houmel. Mohamed Boudjedi a déjà eu affaire à la justice. Il a été condamné en 2012 à 18 mois de prison dont six ferme pour abus de confiance après avoir détourné plus de 20.000 euros de dons de fidèles.
Le procès doit se poursuivre jusqu'à vendredi.dans la même rubrique
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