Le gouvernement repousse à début 2015 le péage de transit poids lourds

© AFP/Archives - Thomas Bregardis
Le gouvernement a tenté vendredi d'apaiser les tensions persistantes avec les transporteurs routiers, en reportant de quelques semaines ou mois l'entrée en vigueur du péage de transit poids lourds, qui succède à l'écotaxe et devait démarrer au 1er janvier.
"Afin de laisser le temps nécessaire à l'adaptation de ce nouveau dispositif, la mise en service interviendra dans les tous premiers mois de 2015", a annoncé vendredi le secrétariat d'Etat aux Transports.
Une expérimentation à blanc de ce dispositif de financement des infrastructures de transport doit démarrer le 1er octobre sur tout le territoire et durera environ deux mois. Un comité de suivi sera ensuite réuni d'ici fin novembre.
La défunte écotaxe, qui devait initialement être mise en place en juillet 2013, avait été repoussée à deux reprises avant d'être suspendue lors du mouvement des Bonnets Rouge. Elle avait été finalement remplacée, en juin, par le péage de transit poids lourds.
Cette fois-ci, ce n'est pas un "report sine die", a assuré le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies, qui a pris ses fonctions à la fin août. Il s'agit d'une "question de semaines supplémentaires pour mener à bien l'expérimentation", et faire les modifications législatives requises.
Car une adaptation de la loi serait nécessaire, afin de calculer le taux de majoration du péage, non plus selon les régions de départ et d'arrivée, mais selon les bassins d'emplois.
"La date du 1er janvier n'est plus un horizon indépassable, nous prendrons le temps de la négociation", a commenté Alain Vidalies, en évoquant une "initiative législative à l'automne".
Transporteurs et chargeurs manifestent toujours leur opposition à ce dispositif et ont réagi plutôt froidement à ces annonces.
Quatre d'entre elles, la FNTR, TLF, l'Unostra et la Chambre syndicale du déménagement, ont rappelé, dans un communiqué commun, "leur opposition totale à l'écotaxe et leur volonté d'une remise à plat de toute la politique de financement des infrastructures".
L'OTRE, dont la mobilisation à l'automne 2013 avait été suivie par le mouvement des Bonnets Rouges, et la Confédération générale du commerce de gros et international (CGI), ont annoncé qu'elles ne participeraient pas à l'expérimentation.
- Contrat maintenu avec Ecomouv' -Seule une autre proposition qui leur a été faite par le secrétaire d'Etat, qui a réuni ces professionnels vendredi matin, a été saluée: le fait de "profiter de la période d'expérimentation pour confronter les solutions alternatives" formulées par certains acteurs du secteur, notamment l'OTRE.
Alain Vidalies a souligné vouloir vérifier la faisabilité, notamment juridique, de ces solutions.
Quant à Ecomouv', consortium franco-italien chargé notamment de la collecte de l'écotaxe, il "serait l'opérateur de la mise en place du système". "Il n'y a pas de remise en cause" de son rôle.
Le contrat entre l'Etat et Ecomouv' est maintenu, mais les paiements sont suspendus jusqu'en mars 2015.
Les recettes qui seront issues du péage de transit sont évaluées à 600 millions d'euros par an - dont 30 millions pour les collectivités locales - contre 1,15 milliard pour l'écotaxe.
Pour compenser ce manque à gagner, plusieurs hypothèses sont à l'étude, a précisé Alain Vidalies, sans préciser lesquelles.
Il a toutefois confirmé, comme l'avait fait plus tôt le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, qu'une augmentation de deux centimes par litre du prix du gazole était une des pistes envisagées.
"Il n'y a pas de décision prise à ce stade", a-t-il commenté. Il a précisé que "si cette hypothèse est validée, elle ne concernera pas le transport routier".
Il a également évoqué la piste d'un financement par les sociétés concessionnaires d'autoroute, comme l'avait fait la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Une piste d'autant plus tentante que l'Autorité de la concurrence a récemment appelé l'Etat à encadrer davantage leur activité.
"Ce n'est pas si simple. C'est une piste de réflexion légitime (...), mais les exigences juridiques sont là pour tout le monde", a relevé le secrétaire d'Etat.
Plus de 200.000 poids lourds sont actuellement enregistrés auprès d'Ecomouv', dont une moitié de français, mais seulement 30.000 véhicules sont dotés des équipements nécessaires.
Avec la diminution du périmètre concerné par ce péage -- lors du passage de l'écotaxe à ce nouveau dispositif -- ce ne sont plus 800.000 véhicules français et étrangers qui auront besoin de s'enregistrer, mais seulement la moitié.
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