Canal Seine-Nord: Valls donne son soutien au projet modèle du gouvernement
© AFP/Archives - Philippe Huguen
Manuel Valls a annoncé vendredi à Arras son engagement ferme en faveur du canal Seine-Nord, projet si souvent reporté, devenu un modèle d'investissement pour le gouvernement, en vue de relancer une économie en panne, avec, en prime, un rare consensus.
Y voyant aussi bien un "beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais Picardie" prévue par sa réforme territoriale, qu'un exemple de la "relance des investissements" qu'il préconise aussi bien pour la France que pour l'UE, le Premier ministre a confirmé "la détermination de (son) gouvernement à remettre un dossier de demande de subvention" à la Commission européenne.
Bruxelles a promis de financer à hauteur de 40% ce projet, évalué par M. Valls à quelque 4,5 à 4,8 milliards d'euros, et réclamé depuis des décennies par les régions concernées au premier chef, le Nord/Pas-de-Calais et la Picardie. Il s'agit de relier la Seine à l'Escaut par un canal à grand gabarit, d'où la dimension transfrontalière du projet, même si le coeur du chantier concerne 106 km entre l'Oise et le Nord.
Politiques, chefs d'entreprise et dirigeants de chambres de commerce appelaient depuis des années de leurs voeux l'ouverture du chantier du canal qui permettrait la navigation de barges de 4.400 tonnes et 185 mètres de long, avec à la clef la création potentielle de milliers d'emplois.
"Ce canal est un enjeu économique décisif", a martelé le Premier ministre devant les élus du Pas-de-Calais. Il a cité "12.000 à 14.000 emplois directs et indirects pour la construction de cet ouvrage"
L'"objectif" est que le chantier commence en 2017 et s'achève en 2023, a indiqué M. Valls
"C'est une opportunité exceptionnelle que nous devons saisir. C'est pour cela que la France sera au rendez-vous", a-t-il lancé.
"Il faut évidemment des grands projets qui permettent de regarder l'avenir avec plus d'optimisme", a-t-il plaidé.
Outre l'enjeu économique, fondamental, "un tel canal c'est (...) la réponse essentielle pour le développement, durable, car l'aspect écologique du projet sera également très important" pour le nord de la France, a-t-il également observé.
Selon lui, "il constitue une réponse pertinente pour désaturer l'autoroute A1 qui accueille un trafic de poids lourds croissant", et réduire la pollution.
Le projet d'origine conçu comme un partenariat public privé d'un montant évalué à 7 milliards d'euros a été abondonné et "reconfiguré" de manière à être finançable, comme préconisé dans un rapport remis au gouvernement le 11 décembre par le député du Nord, Rémi Pauvros (PS).
- Montage financier à mettre au point -Outre la part couverte par l'UE, de quelque 2 milliards d'euros, le montage définitif reste à mettre au point. L'Etat s'engagerait à hauteur d'1 milliard de même que les collectivités locales de Picardie, Ile-de-France et Nord-Pas de Calais. Le solde d'environ 500 millions d'euros serait apporté par des prêts longue durée (40 ans) et à très bas taux d'intérêt.
Les intérêts privés -céréaliers notamment- contribueraient aussi en finançant certains travaux sur les plateformes multimodales. D'autres industries étaient fortement demandeuses -automobile, distribution, logistique et recyclage.
M. Pauvros a été chargé vendredi par M. Valls d'une nouvelle mission pour assurer "le lien avec les collectivités locales" durant la prochaine phase .
Paris a jusqu'à février pour déposer son dossier à Bruxelles, l'étude d'intérêt public modificative devant ensuite être lancée à l'été 2015.
L'annonce a été accueillie avec enthousiasme par les élus, toutes tendances politiques confondues, à l'exception d'EELV.
Les têtes d'affiche socialistes de la région ont été particulièrement éloquentes. Martine Aubry, maire de Lille, y voit un "facteur d'un développement extraordinaire pour la région et l'Eurométropole" autour de sa ville.
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