UMP: forte mobilisation, plainte du parti après une cyber-attaque

© Pool/AFP - Philippe Wojazer
Dix ans après sa première élection à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy devrait revenir samedi aux manettes du parti, à l'issue d'un scrutin électronique marqué par une forte participation et une cyber-attaque qui a poussé le parti à porter plainte.
Le vote, uniquement par internet, a commencé vendredi à 20h00 et doit s'achever samedi à 20H00. Résultat attendu vers 20H30. En milieu de journée, 100.000 personnes environ avaient déjà voté, selon Anne Levade, présidente de la Haute autorité qui supervise les opérations.
L'UMP a fait état vendredi soir d'une "attaque extérieure" sur le site qui a momentanément perturbé le scrutin: "Il s'agit de l'un des risques anticipés et les dispositions prévues ont été mises en oeuvre. Cela a pu, cependant, avoir pour effet de ralentir l'accès au site du vote", a souligné l'UMP.
Le parti a porté plainte dans la nuit de vendredi à samedi au commissariat du 15e arrondissement contre les auteurs de ces "cyber-attaques". Selon M. Mariton, ce sont des "milliers" de militants qui auraient été "empêchés de voter" du fait de problèmes informatiques.
C'est la première fois qu'un vote électronique à une si grande échelle est organisé en France. Des bureaux de vote ont toutefois été installés partout dans le pays pour les militants qui n'ont pas internet.
- 'Trouver de nouvelles idées' -A Lille, un bureau de vote a ainsi été installé dans la petite pièce vitrée qui sert d'accueil dans les locaux de l'UMP du Nord. Dès 09H15, cinq personnes attendaient leur tour devant un unique ordinateur. "Je préfère voter ici, on m'a expliqué comment m'y prendre. Chez moi, avec tous les codes, j'aurais été perdu", explique à l'AFP Jean-Claude Douai, 72 ans, un professeur d'université à la retraite, adhérent de l'UMP depuis sa création en 2002.
Les trois candidats - l'ex-chef de l'Etat et les deux anciens ministres Bruno Le Maire et Hervé Mariton - seront départagés par plus de 268.000 adhérents UMP, à jour de cotisation au 30 juin dernier.
M. Sarkozy a voté en fin de matinée dans la permanence UMP de Paris XVIe (38, rue Molitor), l'arrondissement de son domicile. "Il va falloir (...) trouver de nouvelles idées et rassembler tout le monde", a-t-il affirmé, confiant dans sa victoire dès le premier tour.
M. Mariton a lui voté au siège de l'UMP. Le député de la Drôme a regretté que des "milliers" de militants soient "empêchés de voter" du fait notamment de problèmes informatiques.
Quant à M. Le Maire, qui a voté à son QG de campagne, boulevard Raspail, il veut croire en une "belle surprise" en sa faveur.
Tous trois ont mené campagne tambour battant, organisant au cours des huit dernières semaines de nombreux meetings (121 pour Mariton, 95 pour Le Maire et 19 pour Sarkozy).
- Eviter le psychodrame de 2012 -Avec une passion de convaincre intacte mais quelques improvisations, l'ancien président a rassemblé à chaque fois de 1.500 à plus de 4.000 personnes.
Bien que sa victoire ne fasse guère de doute, ses deux challengers ne s'avouent pas vaincus. Surtout M. Le Maire, qui le dépasse désormais en cote d'influence chez les sympathisants UMP (67% de Français veulent qu'il ait davantage d'influence dans la vie politique, contre 65% à M. Sarkozy, selon un sondage BVA publié vendredi).
Nicolas Sarkozy avait déjà présidé aux destinées de l'UMP de fin 2004 à 2007, réussissant à faire du parti un tremplin jusqu'à l'Elysée.
Le perdant de 2012 qui rêve de prendre sa revanche en 2017 espère retrouver cette martingale gagnante.
Mais il devra cette fois passer par le filtre d'une primaire "ouverte", exercice qui s'annonce périlleux, au vu de la cote d'amour de son principal rival, Alain Juppé, auprès des Français non seulement de droite, mais aussi du centre, voire ceux de gauche déçus du hollandisme.
Techniciens et membres de la Haute autorité de l'UMP - Pierre Steimetz, membre du Conseil constitutionnel, Dominique Perben, ex-Garde des sceaux, Françoise de Panafieu, ancienne ministre, Bernard Maligner, expert en droit international, ainsi que leur présidente, la juriste Anne Levade, et Luc Chatel, secrétaire général du parti - sont sur le pont durant les 24 heures que dure le scrutin. Pas question pour l'UMP de revivre le psychodrame de la bataille Copé/Fillon, qui avait failli la faire imploser fin 2012.
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