Bouygues jugé en appel pour un décès sur le chantier de Flamanville

© AFP/Archives - Charly Triballeau
Le procès en appel des sociétés de BTP Bouygues TP et Tissot Industrie, condamnées en première instance pour le décès d'un soudeur sur le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), s'est ouvert mercredi à Caen.
Le 24 janvier 2011, cet intérimaire de 37 ans, père de trois enfants, avait fait une chute mortelle de 15 mètres. La passerelle sur laquelle il se trouvait avait été heurtée par le chargement d'une grue.
La veuve de la victime, partie civile ainsi que la CGT, était présente mercredi matin à l'audience en appel.
La société Bouygues Travaux Publics, responsable de la coordination de la sécurité du génie civil sur le chantier, a été condamnée à 75.000 euros d'amende, et Tissot SAS, propriétaire de la passerelle à 35.000 euros, le 8 avril 2014 en première instance par le tribunal correctionnel de Cherbourg. Le grutier de 39 ans a écopé de trois mois de prison ferme.
Ils ont aussi été condamnés à verser 306.000 euros de dommages et intérêts à la femme et aux enfants de la victime.
La société Normetal, qui employait le grutier via une société d'intérim, a été relaxée. Parmi les condamnés à Cherbourg, seuls Bouygues et Tissot SAS, qui encourent 375.000 euros d'amende chacun, ont fait appel.
Boulons absents, absence de certains dispositifs de sécurité: au total, 26 irrégularités avaient été relevées lors d'une expertise des passerelles de Tissot SAS.
La CGT a à nouveau dénoncé récemment, dans un communiqué sur le procès, les conditions de travail sur l'EPR, évoquant "des pressions pour augmenter la productivité dès lors que le chantier a pris du retard".
La société EDF, maître-d'œuvre du chantier, n'est pas poursuivie dans ce dossier.
L'année 2011 avait été particulièrement noire sur le chantier EPR: une enquête préliminaire est en cours après le décès le 11 juin d'un salarié d'Endel, après une chute, et fin juin un ouvrier d'Areva de 29 ans était mort dans un accident de la route en rentrant chez lui.
Près de 3.400 personnes étaient alors employées sur ce qui devait être la vitrine commerciale d'un des premiers EPR au monde avant de nombreux couacs.
Le réacteur doit entrer en service en 2017, avec cinq ans de retard. EDF est en train de réévaluer son coût, pour l'heure établi à 8,5 milliards d'euros, soit déjà presque trois fois le budget annoncé au moment du lancement du chantier en 2007.
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