Le patronat sort les sifflets à Lyon alors que le pacte de responsabilité s'enlise
© AFP - Philippe Desmazes
Les trois principales confédérations patronales (CGPME, Medef, UPA) ont affiché leur unité mercredi à Lyon, assurant ne pas faire de la "politique", mais de "l'économie", au troisième jour d'une semaine de mobilisation des chefs d'entreprise qui a avivé les tensions avec le gouvernement.
Après les cartons jaunes brandis en octobre 2013, les patrons sont de retour à Lyon, non pas pour sortir le carton rouge mais pour "siffler" le gouvernement et sa politique économique, à l'appel de la CGPME, du Medef et de l'Union professionnelle des artisans (UPA).
"C'est une mobilisation qu'on a voulue pédagogique, de terrain, républicaine, apolitique, ce n'est pas une mobilisation contre le gouvernement, c'est une mobilisation pour l'emploi et la croissance", a assuré le patron du Medef, Pierre Gattaz, lors d'une conférence de presse commune avec les présidents des deux autres organisations.
Pour M. Gattaz, "le grand message de ce soir, c'est écouter les gens qui sont sur le terrain". "Ce n'est pas de la politique c'est de l'économie!", a lancé celui qui se défend d'être +le grand Satan+ et dont "l'obsession" est "l'emploi".
Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, a demandé pour sa part la suspension "immédiate" du compte pénibilité jugé "inapplicable" et "irréaliste".
"Nous avons une obligation de résultats pour notre pays", a-t-il ajouté appelant à continuer ce "dialogue avec ceux qui nous gouvernent de manière un peu plus calme que de s'envoyer des noms d'oiseaux face à la presse".
Les griefs du patronat sont multiples : la durée minimale de travail de 24 heures hebdomadaires pour les nouveaux contrats à temps partiel, l'obligation d'informer les salariés en cas de cession de l'entreprise et, surtout, l'entrée en vigueur du compte personnel de prévention de la pénibilité à partir du 1er janvier 2015 sont au cœur du bras de fer avec le gouvernement entamé cette semaine.
"Il faut régler ces problèmes à court-terme et nous sommes là pour les régler avec le gouvernement", a asséné le patron du Medef, soulignant la "nécessité de définir un agenda 2020, une feuille de route pour le pays, transpartisane".
Dans une salle de 3.000 places presque comble, les trois responsables du patronat ont tour à tour prononcé un discours sous les applaudissements nourris du public, qui manifestait son désaccord aux mesures gouvernementales avec des sifflets distribués à l'entrée.
- Le gouvernement cible Gattaz -Le pacte de responsabilité prévoit que chaque branche professionnelle ouvre des négociations pour établir des contreparties aux 40 milliards d'euros de baisses de prélèvements accordées aux entreprises. Mais, selon le gouvernement, seuls deux accords ont été signés pour le moment et la moitié des 50 principales branches professionnelles n'ont pas encore planifié de négociations.
Cependant, M. Macron s'est dit mercredi "confiant et optimiste" quant à la perspective prochaine de "nouveaux accords de branche", martelant que le pacte n'était "pas menacé".
"Le pacte de responsabilité, dont il ne faut pas se moquer, va porter ses fruits", a renchéri le ministre du Travail, François Rebsamen, promettant qu'avant la fin du mois, "des accords significatifs seront signés grâce à ce pacte".
Le Premier ministre, Manuel Valls, avait dénoncé mardi devant les députés les "provocations" de certains "dirigeants du patronat", qui ne sont "pas à la hauteur" de leurs "responsabilités".
Le chef du Medef, qui a récemment appelé à supprimer l'impôt sur la fortune et à réformer l'obligation de justifier les licenciements, concentre depuis plusieurs jours les critiques du gouvernement, dont le porte-parole, Stéphane Le Foll, a déclaré dimanche: "Il y a un problème Gattaz".
Dans un entretien à paraître vendredi dans l'hebdomadaire Marianne, le patron de l'opérateur Orange, Stéphane Richard, se dit "réservé" sur la stratégie de communication de Pierre Gattaz". "Demander à un gouvernement de gauche de supprimer l'ISF (impôt sur la fortune, ndlr), c'est de la provocation inutile", a-t-il estimé.
Des milliers de chefs d'entreprises (4.000 à 10.000 selon les sources) avaient manifesté lundi à Paris et Toulouse à l'appel de la CGPME.
Le syndicat des indépendants, organisation patronale interprofessionnelle de très petites entreprises revendiquant 25.000 adhérents, s'est quant à lui prononcé mercredi contre la mobilisation patronale, dénonçant un "double langage".
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