Rassemblement à Marseille contre une "carte santé" pour SDF

© AFP - Anne-Christine Poujoulat
Une centaine de personnes, issues pour la plupart du monde associatif, se sont rassemblées mercredi devant l'hôtel de ville de Marseille pour protester contre une "carte de secours" destinée aux sans-abris de la ville, une source de discrimination selon elles.
Sur ce badge - qui porte sur son recto un grand triangle jaune et qui est censé être portée de manière visible - doivent être inscrits le nom, le prénom et le numéro de sécurité sociale de la personne qui le porte, ainsi que ses maladies chroniques, selon le collectif "Le jugement dernier", à l'origine de la manifestation.
"Il y a un problème de confidentialité, de stigmatisation, cela va à l'encontre de tout le travail de rue que l'on fait", a dénoncé auprès de l'AFP Raymond Negren, responsable de la mission de rue de Médecins du Monde à Marseille.
"L'exercice de la médecine, même dans la rue, respecte l'éthique et le secret médical est dû aux SDF comme aux autres", a renchéri Pierre-François Pernet, un médecin qui travaille avec l'association.
"A quoi sert cette carte? A montrer du doigt qu'on est SDF?", s'est de son côté interrogé Eddy, un sans-abri qui dit vivre dans la rue depuis 14 ans. "Dans le regard des autres, je vois que les gens ont peur. Avec ça, les gens vont reculer. Si ça peut servir, tant mieux, mais je n'ai pas envie qu'on nous montre du doigt".
Parmi les manifestants, un membre d'Emmaüs portait un panneau présentant tous les signes distinctifs imposés dans l'Allemagne nazie à différentes catégories de population, et les comparant au triangle jaune de cette carte santé avec une mise en garde: "Attention danger!".
Mardi, Xavier Mery, adjoint au maire de Marseille délégué à l'intégration et à la lutte contre l'exclusion s'était dit "scandalisé par les polémiques absurdes autour de la carte de secours distribuée par le Samu Social".
"Cette carte, qui n'a pas vocation à être visible de tous, permet avant tout aux pompiers et au personnel soignant de recueillir des données essentielles afin d'identifier, d'aider efficacement et souvent de sauver la vie de ces personnes dépourvues de tout lien social", avait assuré M. Mery, affirmant en outre qu'elle ne contenait "aucune information médicale destinée à rester confidentielle autre que le groupe sanguin du porteur".
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