Le cancer d'un docker reconnu par la justice comme maladie professionnelle

© AFP/Archives - Frank Perry
Le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) de Nantes a reconnu vendredi le cancer d'un docker du port de Nantes Saint-Nazaire, décédé en 2011 à l'âge de 56 ans, comme maladie professionnelle, a-t-on appris lundi de sources concordantes.
Le tribunal a estimé que la multi-exposition aux poussières et à des produits toxiques et cancérigènes de Jean-Luc Chagnolleau, qui a commencé sa carrière de docker en 1975 et est décédé en septembre 2011 d'un cancer du rein et de la thyroïde, "a eu un rôle causal direct et essentiel dans la survenance de ses pathologies", selon son jugement dont l'AFP a obtenu copie.
La reconnaissance du cancer de M. Chagnolleau comme maladie professionnelle est "une première dans la profession de docker. C'est une décision qui va faire jurisprudence", a déclaré Serge Doussin, président de l'Association pour la protection de la santé au travail des métiers portuaires.
Le demandeur avait engagé une procédure en 2007 auprès de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique pour que soit reconnu son cancer comme maladie professionnelle. Après son décès, sa famille avait saisi le Tass.
"C'est toujours très compliqué de faire reconnaître des maladies professionnelles qui ne sont pas répertoriées dans les tableaux", a souligné Me Véronique Aubry, la représentante de la famille de M. Chagnolleau, qui a salué "une avancée juridique" pouvant également "permettre de faire bouger les lignes sur d'autres places portuaires mondiales".
"Maintenant qu'il y a une reconnaissance, notre souci c'est que la santé des dockers et [travailleurs] portuaires soit préservée", a insisté M. Doussin, selon lequel un "taux anormalement élevé de pathologies cancéreuses" a été constaté chez les dockers du port de Nantes Saint-Nazaire.
L'association avait versé au dossier lors de l'audience une étude de juin 2014, réalisée notamment par des médecins du travail et des sociologues, qui fait le lien entre les produits toxiques contenus dans les marchandises chargées et déchargées par les dockers du port de Nantes Saint-Nazaire, notamment des céréales traitées aux pesticides, ou des bois traités avec des fongicides, et les pathologies relevées chez les personnels du port.
dans la même rubrique
- Bretagne: le long combat judiciaire de salariés de l'agroalimentaire malades des pesticides
- Près d'Arcachon, une start-up relance la tradition du cuir de poisson
- Un an après, l'affaire Bygmalion reste un problème pour Sarkozy
- ND-des-Landes: les opposants fixés vendredi sur leurs recours environnementaux
- Affaire Bygmalion: soupçons sur la signature de l'ancien trésorier de l'UMP
- Projet d'attentat: les 3 jeunes hommes vont être présentés à un juge d'instruction
- "Entre 22.000 et 25.000" éleveurs au bord du dépôt de bilan, selon Le Foll
- Radio France: Gallet envisage bien un plan de départs volontaires de 350 personnes
- L'Assemblée retouche le projet de loi sur l'actualisation du droit de l'outremer
- Projet d'attentat: les éditorialistes partagés sur la réaction de Hollande
- Sécheresse: l'inquiétude grandit dans le Centre-Est
- Les musulmans fêteront vendredi la fin du ramadan dans l'unité
- Le Parlement a adopté définitivement le dernier volet de la réforme territoriale
- Le concours exceptionnel des instits fait le plein dans l'académie de Créteil
- Canicule du début de l'été: 700 décès supplémentaires mais impact "limité"
- Attentat déjoué: feu nourri de critiques sur la communication de Hollande




