Les harkis se remobilisent pour une reconnaissance officielle de leur "abandon"

© AFP/Archives - Jean-Pierre Muller
Le 1er janvier 2015 a marqué l'entrée en vigueur d'un plan d'action de dix mesures en faveur des harkis, mais ces derniers qui attendent toujours la reconnaissance solennelle de la responsabilité de la France dans leur "abandon" depuis l'indépendance de l'Algérie, préparent une nouvelle mobilisation.
"Il n'y a rien dans ce plan", a réagi vendredi auprès de l'AFP Hocine Louanchi, 61 ans, qui a passé une partie de son adolescence au camp de Saint-Maurice l'Ardoise (Gard) et fut l'un des acteurs des premières révoltes harkies de 1975.
Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé, le 25 septembre, lors de la journée nationale d'hommage aux harkis, un plan d'action en 10 points, en faveur de ces anciens supplétifs de l'armée française en Algérie et de leurs familles.
Il s'agit de dix mesures structurées autour de deux axes: "reconnaissance" et "réparation". Le premier vise à créer des lieux de mémoires, au quai Branly et dans les hameaux de forestages, où 10.000 harkis furent regroupés en 1962. Le second axe prévoit des aides pour ces anciens combattants et leurs familles, comme la revalorisation de 167 euros par an de l'"allocation de reconnaissance". Le gouvernement s'est aussi engagé à aider au rachat de trimestres de cotisation retraite, jusqu'à 4 trimestres possibles, pour la "deuxième génération", les enfants élevés dans des camps entre 16 et 21 ans.
"Cette mesure présentée comme la mesure phare ne prend en compte que quatre camps sur sept", a affirmé M. Louanchi selon lequel ne sont pas non plus prises en compte "les années non cotisées passées, dès 12 ans, dans les champs" pour le compte d'agriculteurs.
Pour Zohra Aridj, elle aussi enfant de harki, élevée dans le camp de Jouques (Bouches-du-Rhône), les mesures gouvernementales "sont des mesurettes". Comme nombre de membres de sa communauté, elle se dit "très déçue" par l'absence de reconnaissance officielle, par l'Etat français, de leur "abandon" en Algérie lors de l'indépendance, puis en France.
Par ailleurs, "au lieu des rachats des trimestres de cotisations retraites, les associations de harkis demandent 25% du Smic par mois", selon Mme Aridj.
Khaled Klech, qui a grandi au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), fait la même demande estimant que pour l'instant, "rien n'est bon dans les engagements" du gouvernement.
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