Les biotechs françaises visent la bourse et les investisseurs américains

© AFP/Archives - Philippe Desmazes
Les entreprises françaises du secteur des biotechnologies font de plus en plus souvent appel au marché américain pour diversifier leurs sources de financement, mais les introductions en bourse à Paris restent à l'ordre du jour comme en attestent quatre opérations en cours.
Depuis le début de l'année, les biotechs Bone Therapeutics, Poxel et le fabricant d'implants Safe Orthopaedics ont tour à tour engagé leur entrée en bourse, et cette semaine Quantum Genomics, déjà cotée, a lancé sa première offre au public lors d'une augmentation de capital.
Cette série d'opérations sur le marché français intervient après une année déjà record en 2014 avec près de dix introductions en Bourse dans le secteur des industries de santé.
Mais parallèlement, les biotechs françaises sont aussi davantage présentes aux Etats-Unis, que ce soit auprès d'investisseurs ou directement en bourse.
Ainsi, DBV Technologies s'est cotée en octobre au Nasdaq, levant plus de 100 millions d'euros, pour l'essentiel aux Etats-Unis, tandis qu'Erytech Pharma et Adocia ont lancé des programmes de certificats de dépôt ADR négociables sur le marché américain.
"Dans les deux dernières années, la fenêtre des introductions en bourse en biotech s'est complètement rouverte à tel point qu'on a cassé tous les records l'année dernière dans toutes parties du monde", indique à l'AFP Rodolphe Renac, directeur du bureau américain du cabinet de conseil Alcimed.
"Les biotechs ont beaucoup plus de choix qu'avant", mais "aujourd'hui, pour une biotech française, il y a plus d'espoir de se financer par une IPO en Europe que d'aller aux Etats-Unis", remarque-t-il.
Au premier semestre 2014, les introductions en bourse avaient représenté près de 40% du financement des entreprises françaises de biotechnologies (237 millions d'euros sur un total de 623 millions), à côté du capital-risque et des refinancement après introduction, selon les chiffres de l'association France Biotech.
Le modèle économique des biotechs de santé, très consommateur de trésorerie pour soutenir les efforts de recherche, impose un refinancement régulier.
"Tous les 18 mois, il faut trouver beaucoup d'argent. Une biotech dans la recherche de médicament perd 10 millions par an", évalue Franck Sebag, associé du cabinet EY.
"Une fois que vous avez utilisé les ressources proposées par le capital risque, la bourse, il est nécessaire de trouver des nouvelles sources de financement et c'est là que les Américains arrivent", explique-t-il.
- Un niveau d'exigence élevé -"Mais il ne faut pas sous-estimer la difficulté d'entrer sur ce marché, car c'est un niveau d'exigence plus élevé que ce qu'on peut connaître en Europe. C'est une vraie stratégie, un vrai investissement", ajoute l'analyste de EY.
"Il faut être présent, il faut revenir, tisser des liens de confiance", confirme Pierre-Olivier Goineau, le président de France Biotech, qui fédère 150 start-up françaises des biotechnologies.
France Biotech va ainsi renouveler cette année les "French Life Science Days", des rencontres qu'elle a lancées en 2014 à New York pour mettre en relation ses entreprises adhérentes et les investisseurs américains.
Ces derniers voient dans les biotechs françaises "un potentiel de création de valeur à court, moyen terme" pour des valorisations "encore très modestes dans la plupart des cas", selon M. Goineau.
Le président de France Biotech observe "une très forte présence et une très forte demande des investisseurs américains" à l'occasion d'une augmentation de capital ou de la sortie d'un investisseur en capital risque.
"Le financement c'est une chaîne, il y a l'amorçage, le capital risque, puis éventuellement la cotation en France et maintenant il y a un quatrième maillon, l'accueil d'investisseurs internationaux. A nous de faire en sorte qu'il devienne aussi asiatique", poursuit le président de France Biotech.
L'association a d'ores et déjà en préparation une rencontre d'investisseurs en septembre en Chine.
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