Le Club Export de l'Ariège s'ouvre de nouveaux horizons à la dimension Régionale
Ce mardi, l’assemblée générale du Club Export de la CCI avait lieu dans les locaux de l’Union patronale Ariège Pyrénées (UPAP), une réunion suivie d’une conférence sur le développement international en direction de ses adhérents.
Dans une période de récession, il est toujours difficile de parler de commerce international, Laurent Pinéda, président du Club Export 09 a précisé qu’il ne fallait pas manquer de courage pour s’attaquer à ce marché qui peut permettre d’imaginer des solutions à la croissance.
Ce que disent les chiffres
En préambule, Nicolas Couvreur, directeur de la CCI à indiqué quelques repères avant d’aborder l’accompagnement prévu par la chambre consulaire pour les chefs d’entreprises.
On assiste depuis 2010 sur notre territoire à une lente érosion du solde du commerce extérieur avec un pic en 2013 de -104 M€ pour l’Ariège dans une région Midi-Pyrénées largement excédentaire de +14 milliards. Pour autant l’année 2014 enregistre un léger frémissement avec un solde en équilibre.
Dans la portion congrue laissée par la Haute-Garonne qui accapare 90 % des échanges autour des poids lourds que sont l’aérospatiale et l’aéronautique notamment, l’Ariège fait cependant bonne figure dans la compétition internationale par rapport à ses voisins immédiats.
D’autant que les chiffres présentés issus des formalités douanières déclarées ne tiennent pas compte des entreprises de sous-traitance qui font du commerce international alors qu’elles tirent largement leur épingle du jeu.
Si la Haute-Garonne est à elle seule un moteur essentiel de l’économie de la région avec des échanges correspondant à 91 % du total des exportations de Midi-Pyrénées et 88 % des importations, l’Ariège se situe au 8e rang des départements exportateurs et au 5e rang des départements importateurs (avec 40 % d’importation de produits métalliques et métallurgiques).
Depuis 2006, le solde extérieur de l’Ariège décroit quasiment tous les ans, pour atteindre -73 M€ en 2013, soit une augmentation du déficit de 73 %. Un déficit dû notamment à une quasi-stabilité des exportations à 358 M€ pour une augmentation des importations dans le département à 431 M€ (+7,5 %).
Parmi les secteurs en décroissance, le département enregistre une baisse de 11 % des équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques représentant à eux seuls 29 % des exportations, mais aussi un tassement au niveau des produits agricoles, sylvicoles (-16 %) des produits agroalimentaires (-14 %) et des produits métallurgiques (-10 %).
Dans un contexte d’exportations quasi stable, le département concentre 76 % de ses exportations à destination des pays de l’Union européenne. L’Allemagne reste le premier client de l’Ariège devant l’Espagne, mais la Roumanie apparait désormais en 3e position à la place des États-Unis, en chute de 28,5 %.
Parmi les champions ariégeois à l’export, on retrouve de grands noms caractéristiques de la typologie industrielle et agricole du département.
Les Talcs de Luzenac, pour l’industrie extractive, Johnson Controls pour le textile, Saica Natur Sud (traitement des déchets), les Forges de Niaux pour la fabrication de machines agricoles ou encore la coopérative agricole des plaines de l’Ariège et Mapaero dans l’aéronautique sont dans le Top 10.
Club Export 09 désormais adossé à un club régional
Le Club Export Ariège Pyrénées depuis sa création a vocation de favoriser les échanges d’expériences à l’international: aider les entreprises à trouver des relais de croissance à l’exportation, accompagner, parrainer et mettre en réseau les primo exportateurs et contribuer à faire dialoguer les chefs d’entreprises entre eux.
Elles sont actuellement une vingtaine et Laurent Pinéda (PDG des Forges de Niaux) a l’ambition de faire venir d’autres exportateurs traditionnels et encourager les primo exportateurs à rejoindre ce club d’affaires.
Il a également annoncé que le club Export ariégeois serait dès l’année 2015 adossé à la création d’un club régional (le Club Destination International) constitué de près de 150 adhérents, ce qui donnera une dimension plus importante aux actions impulsées localement.
Pour Laurent Pinéda, «il faut de l’audace pour se lancer dans le grand bain du marché international et la CCI est en capacité de donner des outils de diagnostics pour dire si l’entreprise est prête ou pas.
La pratique de langues étrangères, la capacité d’adapter son produit au nouveau marché, de se structurer pour démarcher à l’export sont autant de qualités. Il faut avoir un esprit aventurier, mais savoir gérer et maitriser les risques multiples inhérents à toute activité export».
Jean-François Brachotte (PDG de MAPAERO et Conseiller du Commerce extérieur pour le département de l’Ariège) reconnait que cela a un coût: «il faut certes le potentiel, mais aussi un plan de retour sur financement, être capable de se faire payer par un client du bout du monde, avoir un produit original».
Selon lui, «les pays où les marchés sont intéressants pour le volume sont des pays à bas coût, pour se démarquer il faut que le produit que l’on propose ait un attrait particulier».
Les entreprises concernées par cette projection à l’international seraient dans l’agroalimentaire: des produits traditionnels de charcuterie ou la production de fromages très typés.
«Mais encore faut-il que les chefs d’entreprise aient la conscience et l’envie de le faire» précise le Conseiller du Commerce Extérieur (CCE), qui met bénévolement son expertise au service des PME qu’il parraine: «nous sommes choisis pour nos compétences internationales et nommés pour trois ans par le Premier ministre sur proposition des CCI.
Il y a 4 500 CCE dans le monde et 1 500 en France (je suis le seul en Ariège et nous sommes une quarantaine en Midi-Pyrénées. Notre vocation est triple. Tout d’abord promouvoir l’image de la France à l’étranger (avec un réseau sur lequel on peut s’appuyer e qui permet d’ouvrir des portes).
Ensuite parrainer des entreprises qui veulent exporter (je viens de parrainer une société montalbanaise spécialisée dans les solvants qui voulait s’installer en Chine). Enfin la formation à l’international est un volet très important permettant d’accompagner les jeunes, des lycées, des universités.
Personnellement j’interviens régulièrement à l’École de Commerce de Toulouse. Chaque conseiller est tenu de faire un bilan de ses actions tous les ans, sa mission essentielle c’est d’entretenir un réseau qui accompagne les entreprises à l’export.
À travers mon expérience on peut utiliser ce réseau en Chine et aux États-Unis, cela permet de gagner du temps !»
La chambre de commerce et son réseau mettent en avant une batterie d’outils et de conseils, parfois renforcés d’aides financières à destination de ceux qui exportent déjà et des primoaccédants.
Des conseils et un accompagnement précieux dans ce type de démarche que renforcent et complètent les missions du conseiller au commerce extérieur ou encore du Club Export 09, qui dispose d’un contact direct au sein de la CCI de l'Ariège: Nicole Soulère — 05.61.02.03.21
D’ores et déjà une date est à retenir, celle du 7 juillet pour la 9e édition du Forum Destination International.
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