Mis en examen, l'avocat Hubert Delarue dénonce "une procédure en sorcellerie judiciaire"

© AFP/Archives - Philippe Huguen
L'ancien bâtonnier d'Amiens Hubert Delarue, soutenu par des ténors du barreau, a dénoncé lundi "une procédure en sorcellerie judiciaire" après sa mise en examen pour "usage de faux" par le juge lillois Jean-Michel Gentil.
"Je viens aujourd'hui, entouré de mes confrères pour défendre à la fois mon honneur et celui de la profession que j'exerce depuis 35 ans. Je suis la victime d'une procédure en sorcellerie judiciaire dans laquelle, sans le moindre élément, la moindre preuve, dans un dossier dans lequel personne ne me met en cause, je me vois mis en examen au motif que j'aurais produit en toute connaissance de cause un document faux à la justice", a expliqué l'avocat à la presse.
Une trentaine d'avocats, dont de nombreux ténors du barreaux comme Mes Hervé Témime, Thierry Herzog, Pierre Haïk, Patrick Maisonneuve, Jean-Yves Leborgne, Jean-Yves Lienard ou Eric Morain, ont apporté leur soutien à leur confrère au palais de justice de Paris, en présence des bâtonniers de Paris, Pierre-Olivier Sur et d'Amiens Me Gonzague de Limerville.
"Nous étions certains que l'information sur cette mise en examen allait sortir et nous avons décidé de prendre les devants", a expliqué Me Henri Leclerc, avocat de M. Delarue, en annonçant qu'il allait saisir la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai (BIEN Douai) pour réclamer "l'annulation de la mise en examen" et d'une "perquisition" réalisée auparavant par le juge Gentil au cabinet de l'avocat.
L'affaire remonte à 2012 lorsque le cabinet d'Hubert Delarue transmet à un juge une demande de remise en liberté de l'un des ses clients, en détention provisoire depuis plusieurs années dans un dossier de stupéfiants. Il joint à cette demande un certificat de travail remis par son client qui se révèlera être un faux, a relaté Me Leclerc.
Une instruction pour du faux et usage de faux est conduite par un premier juge qui a entendu Me Delarue en fin d'année dernière. Il a estimé qu'il n'avait rien à lui reprocher et mis fin à son enquête. Mais dès son arrivée à Lille, le juge Gentil a rouvert le dossier qui était alors au règlement au parquet, a perquisitionné au cabinet d'Hubert Delarue et mis ce dernier en examen, a précisé le célèbre avocat pénaliste.
"Un avocat auquel des pièces sont remises ne peut en aucun cas être tenu pour responsable de leur authenticité", a affirmé Me Corine Dreyfus-Schmidt, présidente de l'association des avocats pénalistes qui soutien également Me Delarue.
"Nous n'avons pas la capacité de contrôler les documents qu'on nous remet. Avec cette mise en examen, peut-être que demain certains avocats hésiteront à les utiliser et cela conduira à une paralysie de la défense", a abondé Me Leborgne.
Pour Me Delarue, "on assiste aujourd'hui a une dérive institutionnelle de quelques juges qui considèrent que les avocats, qui parfois défendent des voyous, sont aussi des voyous".
"Mettre en examen un avocat et perquisitionner son cabinet doivent nécessiter des indices particulièrement graves, des éléments déterminants, et ce n'est pas le cas dans cette affaire", a dénoncé Me Leclerc.
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