Le Pen de nouveau en procès pour avoir répété ses propos sur le "détail"

© AFP/Archives - MARTIN BUREAU
Jean-Marie Le Pen ira en correctionnelle pour avoir répété le 2 avril ses propos sur les chambres à gaz, "détail" de la Seconde Guerre mondiale, risquant une nouvelle condamnation après sa mise au ban du Front national qu'il a cofondé.
Le parquet, qui avait ouvert une enquête préliminaire juste après ces propos tenus sur BFMTV-RMC, a cité il y a quelques semaines Jean-Marie Le Pen à comparaître pour contestation de crime contre l'humanité, a précisé vendredi à l'AFP une source judiciaire. La date du procès devant la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris n'a pas encore été fixée.
Condamnés par sa fille Marine, qui lui a succédé à la tête du Front national, ces propos, auxquels étaient venus s'ajouter d'autres tenus dans l'hebdomadaire à tonalité parfois antisémite Rivarol, avaient entraîné la suspension de Jean-Marie Le Pen du parti qu'il a longtemps incarné. Mais cette suspension a depuis été annulée par la justice.
Au journaliste qui lui demandait s'il regrettait d'avoir qualifié les chambres à gaz nazies de "détail", ce qui lui a déjà valu d'être condamné, Jean-Marie Le Pen avait répondu: "Pas du tout. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz."
Le journaliste l'avait alors relancé, demandant si "des millions de morts" pouvaient être qualifiés de "point de détail". "Je n'ai pas parlé de nombre de morts. J'ai parlé d'un système. J'ai dit que c'était un détail de l'histoire de la guerre", avait répondu Jean-Marie Le Pen, 87 ans.
Ses propos intervenaient alors que sa fille essaie de "dédiaboliser" l'image du FN depuis son accession à la tête du parti en 2011.
Ils avaient été vivement condamnés par la classe politique, y compris au sommet du FN, puisque Marine Le Pen s'était dite "en profond désaccord".
- 'Une persécution supplémentaire' -Interrogé vendredi par l'AFP, Jean-Marie Le Pen a estimé que sa convocation devant le tribunal correctionnel était "une persécution supplémentaire". "Il faut s'attendre à tout. Je ne suis pas très surpris."
"Il y a un proverbe afghan: +Tu as dit la vérité, saute sur ton cheval et cravache!+" s'est amusé le cofondateur du FN.
"Je croyais que des millions de Français avaient manifesté pour la liberté d'opinion, je croyais que ça allait jusqu'au droit au blasphème. Est-ce un blasphème? On est dans le domaine quasi religieux..." a poursuivi l'eurodéputé.
Jean-Marie Le Pen a remporté récemment deux victoires judiciaires en faisant annuler sa suspension du parti, puis en faisant suspendre en référé le congrès par correspondance convoqué pour retirer des statuts du parti son titre de président d'honneur. La cour d'appel de Versailles doit se prononcer mardi sur l'appel formulé par le FN au sujet de cette dernière décision.
Me Frédéric Joachim, le conseil du "Menhir", a indiqué à l'AFP vendredi "attendre sereinement" la convocation devant le tribunal correctionnel, "une occasion de défendre mon client contre les accusations dont il fait l'objet".
Alain Jakubowicz, président de la Licra, a lui laissé entendre que son organisation pourrait se porter partie civile: "On y sera parce qu'il est naturel qu'on y soit." "Je dirais que c'est le triste destin d'un triste sire", a-t-il dit.
La première des nombreuses sorties de Jean-Marie Le Pen sur le sujet remonte au 13 septembre 1987, quand il avait déclaré, suscitant un tollé général: "Je n'ai pas spécialement étudié la question, mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale."
Il avait réitéré ces propos en 1997 en Allemagne, en 2008 au magazine Bretons, en mars 2009 au Parlement européen, et été condamné plusieurs fois pour cela. Aucun responsable du FN n'avait réagi vendredi en fin d'après-midi.
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