Reims: 5 jeunes femmes déférées après l'agression d'une autre en maillot de bain
© AFP/Archives - Philippe Huguen
Cinq jeunes femmes, dont deux mineures, ont été déférées au parquet de Reims après avoir violemment pris à partie et molesté une autre jeune femme qui bronzait en maillot de bain, mercredi, dans un parc de la ville, a-t-on appris dimanche de source policière.
"C'est une altercation entre jeunes filles qui dégénère après qu'une des auteures de l'agression a dit (à des personnes qui prenaient le soleil en maillot de bain, ndlr): +Allez vous rhabiller, ce n'est pas l'été+", a expliqué à l'AFP la commissaire de permanence, Julie Galisson.
"Une des femmes ainsi interpellée ne s'est pas laissée faire et cela a dégénéré en violences", a-t-elle précisé.
Âgée d'une vingtaine d'années, la victime, qui avait été conduite au CHU de Reims après l'intervention des secours alertés par des témoins, souffre de blessures nécessitant quatre jours d'incapacité totale de travail (ITT).
"Aussi bien dans les déclarations de la victime que des mises en cause, aucun élément à caractère religieux ou moral n'est évoqué pour expliquer l'agression", a souligné la commissaire, alors que l'information a enflammé les réseaux sociaux durant le week-end, suscitant diverses interprétations.
Rapidement identifiées et interpellées par la police, les cinq personnes à l'origine de l'agression, trois jeunes femmes de 18 à 24 ans et deux mineures de 16 et 17 ans, ont été déférées au parquet en fin de semaine.
L'auteure principale, âgée de 17 ans, a été présentée à un juge des enfants, qui l'a placée sous le statut de témoin assisté, mais cette décision a été contestée par le parquet qui a fait appel, a-t-on précisé au commissariat de Reims.
Les trois majeures sont convoquées devant le tribunal correctionnel de Reims le 24 septembre.
Arnaud Robinet, maire UMP de Reims, a condamné l'agression en évoquant une manifestation de "la bêtise humaine". Il a invité dans un communiqué la communauté rémoise à garder son calme en laissant "la police et la justice faire leur travail".
"Il est également intolérable de stigmatiser une communauté ou une autre pour un acte commis par quelques-uns et sans connaître le fond de cette affaire", a ajouté M. Robinet.
L'annonce de cette agression, largement relayée notamment sur Twitter ou sur des sites souvent marqués à droite (Fdesouche ou Boulevard Voltaire), avait été initialement diffusée samedi par le journal régional L'Union-L'Ardennais, qui relatait l'agression d'une jeune femme bronzant en maillot de bain en compagnie de deux amies dans le parc situé en bordure du stade de Reims.
L'article, en prêtant à l'auteure principale de l'agression un "discours aux relents de police religieuse", a enflammé la Toile et suscité de nombreuses réactions dans la classe politique, de Florian Philippot (FN), évoquant une femme lynchée car "vivant à la française", jusqu'au président de SOS Racisme Dominique Sopo, dénonçant "une morale de l'oppression qui réduit nos libertés".
Dimanche matin, sept personnes ont répondu à l'appel de la section locale de SOS Racisme, qui invitait à un rassemblement en maillot de bain sur les lieux de l'agression.
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