Chômage: les chiffres de juin dévoilés par Pôle emploi
© AFP/Archives - Philippe Huguen
Après un record de 3,55 millions de chômeurs en mai, Pôle emploi dévoile lundi l'état des lieux établi fin juin. De son côté, le gouvernement n'attend pas de baisse durable avant la fin d'année.
Interrogé lundi matin par iTÉLÉ, le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen (Relations avec le Parlement) ne s'est pas risqué à un pronostic. Mais selon lui, "il y a une tendance, qui à mon avis va s'installer dans les mois qui viennent, qui sera une tendance à l'inversion de la courbe du chômage".
Cette déclaration fait écho à celle du ministre du Travail, François Rebsamen qui anticipait récemment "une baisse effective du nombre de demandeurs d'emploi" à "la fin de cette année".
Mais pour l'heure, la fameuse courbe reste obstinément en hausse. Malgré le rebond de croissance enregistré au premier trimestre (+0,6%), le chômage a continué d'augmenter ces quatre derniers mois et l'ampleur de la hausse de mai n'incite pas à l'optimisme: +16.200 (+0,5%) chômeurs en métropole et surtout +72.900 (+1,3%) en incluant l'Outre-mer et les demandeurs d'emploi exerçant une activité.
En tout, Pôle emploi recensait fin mai 3,55 millions de chômeurs en métropole et 5,72 millions Outre-mer et activité comprises, deux records.
Mais pour le gouvernement, les chiffres de mai ne sont pas "interprétables" car ils sont entachés d'un "événement inhabituel", l'envoi de deux messages de relance supplémentaires aux chômeurs, par SMS et message vocal, afin de leur rappeler de penser à "actualiser" leur situation auprès de Pôle emploi.
Cette anomalie aurait abouti à doubler l'ampleur de la hausse, selon le ministère du Travail.
François Rebsamen, qui juge que les listes de Pôle emploi ne sont "pas l'outil statistique le plus fiable", a repéré une autre anomalie: la hausse "atypique, presque incompréhensible," des demandeurs d'emploi exerçant une activité. Depuis le début d'année, les inscrits en catégorie C, qui travaillent plus de 78 heures dans le mois, a augmenté de 11,9%, alors que les autres catégories n'ont augmenté que de 1,8%.
"Plus notable encore, la proportion de personnes positionnées en catégorie C travaillant à temps plein atteint 35% sur les 12 derniers mois", note le ministre, qui a demandé à l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) d'enquêter.
Selon les économistes, la regain d'activité s'accompagne souvent, dans un premier temps, d'une recrudescence de contrats temporaires et/ou à temps partiel.
Et pour l'heure, la croissance est "trop faible", de l'aveu même de François Hollande, pour faire reculer le chômage.
- "Baisse effective" fin 2015 -Le Produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 1,2% en 2015, selon l'Insee. C'est nettement plus que les trois années précédentes, mais encore en-deçà du seuil de 1,5% nécessaire, selon les économistes, pour faire baisser le chômage.
Le temps presse pour le président. D'ici à 2017, "s'il n'y a pas de baisse du chômage, je l'ai dit plusieurs fois, je ne serai pas candidat" à un second mandat, a-t-il assuré le 14 juillet.
Cette urgence de relancer l'emploi s'est ressentie, ces derniers mois, dans le rythme des réformes.
La loi Macron pour la croissance et l'activité et la loi Rebsamen sur le dialogue social, censées déverrouiller l'économie et les embauches, ont alimenté en juillet la session extraordinaire du Parlement.
Et les décrets des 308 articles de la loi Macron seront "pris pour l'été", a promis le président.
Depuis son élection en 2012, François Hollande n'a connu que quatre mois de baisse du chômage. En trois ans, 629.000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à Pôle emploi.
Mais les voyants économiques n'ont jamais été aussi encourageants depuis son arrivée à l'Elysée.
L'Unédic anticipait, avant les chiffres de mai, une baisse de 23.000 chômeurs d'ici à la fin de l'année. De son côté, l'OCDE voyait le chômage baisser légèrement à partir du deuxième semestre.
Pour l'Insee, en revanche, la patience reste de mise. Selon l'Institut, le taux de chômage devrait augmenter de 0,1 point au deuxième trimestre pour atteindre 10,1% en métropole, avant de se stabiliser jusqu'à la fin de l'année.
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