Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen ciblé dans la crise familiale
Florian Philippot, proche de Marine Le Pen et vice-président du Front national, le 13 juillet 2015 à Paris© AFP/Archives - LOIC VENANCE
Florian Philippot s'est rendu indispensable auprès de Marine Le Pen, mais son influence sur la présidente du FN en fait un personnage contesté en interne, d'autant que nombre de cadres lui attribuent une responsabilité dans la crise familiale qui secoue le parti.
Propulsé fin 2011 directeur stratégique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qu'il conseillait dans l'ombre depuis 2009, M. Philippot s'est depuis transformé en stakhanoviste des médias.
Matin, midi et soir il martèle la parole du FN, au point de susciter la jalousie de ceux qui prennent moins la lumière. Mais cet énarque a l'avantage, reconnaît-on, d'être "tout le temps disponible."
Si un dirigeant garantit qu'il "n'a pas d'intelligence" et qu'il est plutôt "une éponge qui apprend, répète", rares sont les critiques internes sur son talent. Jean-Marie Le Pen, devenu son plus féroce contempteur, ne disait-il pas de lui qu'il était "brillant" ?
"C'est impossible de nier que sur le plan politique, il est toujours dans le vrai. Il est à la base d'un certain nombre de succès du FN", assure un autre dirigeant.
Mais M. Philippot, plus étatiste, moins libéral, "gaulliste" ayant soutenu Jean-Pierre Chevènement en 2002, et cible parfois d'accusations sur un "lobby gay" qui existerait dans le parti, n'est pas "frontiste de souche".
Quatrième au vote des militants au dernier congrès fin novembre, une contre-performance, le bras droit de Marine Le Pen, faiblement implanté dans l'Est de la France, tente malgré tout d'asseoir une assise locale interne en parcourant les fédérations et en recrutant des fidèles (les "nat-rep", nationaux-républicains).
Le moindre de ses faux-pas est guetté. Certains y voient le "pousse-au-crime" dans le le conflit avec Jean-Marie Le Pen, qui a relancé une salve de propos polémiques début avril. Problème, le premier à avoir publiquement coupé le cordon est Louis Aliot, autre vice-président et compagnon de Marine Le Pen.
Qu'importe : un de ses rivaux assure qu'"aux yeux de beaucoup de militants, il a poussé au clash. En interne, il a fait une forme de chantage" à la démission si Jean-Marie Le Pen n'était pas exclu. Selon cette source, M. Philippot mettrait fréquemment sa démission dans la balance, ce que l'eurodéputé nie.
- Numéro deux, place maudite au FN -Pour certains ténors du parti, la "fin" de Florian Philippot, qui serait une victime expiatoire de la crise familiale, pourrait être proche.
Celui qui déclarait dès 2011 n'avoir "jamais" voté pour Jean-Marie Le Pen pâtit aussi, plus simplement, de sa position de numéro deux, historiquement maudite au Front national, entre les morts physiques (Jean-Pierre Stirbois, François Duprat) et les victimes politiques (Bruno Mégret).
Comme le rappelaient Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard ("Dans l'ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN" - Ed. nouveau monde), Le Pen avait eu ce mot cruel envers son second d'alors, Bruno Gollnisch: "Le destin des dauphins, parfois, c'est de s'échouer".
Dans l'œil de viseur, le supposé rôle de "gourou" de Florian Philippot auprès de Marine Le Pen ? "Son père ne l'a pas maraboutée, ce n'est pas Florian qui va le faire", s'amuse un parlementaire. Mais il imagine la patronne du FN "prendre une distance, au moins médiatique", avec son second, pour ne pas prêter le flanc à ces accusations. "Elle veut rééquilibrer sans clash", croit savoir un membre du bureau exécutif.
Lorsque l'on demande à un frontiste hostile à M. Philippot ce que pense Marine Le Pen de son protégé, il reconnaît : "Elle le défend à mort".
Un proche de la patronne du FN analyse toute la séquence : "Le Pen est dans une situation d'exclusion du Front. Philippot a frappé fort. Est-il amoindri ? Je ne crois pas. Il a obtenu ce qu'il voulait, de manière factuelle".
Les soutiens de Marion Maréchal-Le Pen se désespèrent d'ailleurs de voir le "Menhir", qui veut la perte de M. Philippot, songer à se présenter contre sa petite-fille aux régionales, affaiblissant ainsi la principale concurrente interne du n°2.
D'ailleurs, Jean-Marie Le Pen pourrait offrir à son rival une paradoxale immunité, en appelant régulièrement sa fille à s'en séparer.
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