La guerre de tranchées continue entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine
© AFP/Archives - JEAN-SEBASTIEN EVRARD
La guerre continue entre Jean-Marie Le Pen, que la justice a conforté dans sa volonté de continuer à revendiquer la présidence d'honneur du Front national, et sa fille Marine Le Pen, la présidente du parti, qui s'appuie sur l'approbation par les membres du FN de nouveaux statuts supprimant ce titre.
Mercredi, Marine Le Pen a publié les résultats du congrès postal de son parti, clos le 10 juillet, qui demandait aux adhérents frontistes d'adopter les nouveaux statuts du FN, qui actent notamment la suppression de la présidence d'honneur détenue par son fondateur.
Résultat sans appel: sur les quelque 51.500 adhérents, plus de 28.000 se sont exprimés (soit une participation de 54, 36%). 94,08 % d'entre eux ont validé les nouveaux statuts.
"Jean-Marie Le Pen perd aujourd'hui, devant ce choix incontestable fait par le peuple du Front National, toute légitimité politique à rester Président d'honneur", a déclaré dans la foulée le parti frontiste.
Selon le FN, "s'acharner à se maintenir, via des artifices juridiques, face à une réalité aussi implacable n'est ni respectable ni raisonnable. C'est l'essence et l'honneur d'un démocrate que de s'incliner, quel que soit son statut, devant la volonté populaire".
Mais Jean-Marie Le Pen, écarté par sa fille de la présidence d'honneur du FN après la tenue, une nouvelle fois, de propos controversés en avril dernier sur Pétain et les chambres à gaz - pour lui "un détail" de la seconde guerre mondiale - s'appuie sur la justice pour continuer à revendiquer son statut de président d'honneur.
Mardi en effet, la cour d'appel de Versailles a confirmé la suspension du congrès censé supprimer ce statut, "jusqu'à l'organisation d'une assemblée générale extraordinaire conforme aux statuts actuellement applicables". Autrement dit, la justice enjoint au FN de réunir un congrès physique, seul habilité en vertu des statuts du parti à en supprimer la présidence d'honneur.
Un responsable FN a affirmé à l'AFP que ce congrès pourrait se tenir début 2016, et pas avant pour des raisons de calendrier.
- A double tranchant -La publication des résultats du congrès postal est "hors la loi", c'est "une opération de communication politicienne au pire sens du terme", a réagi M. Le Pen dans un article au vitriol mis en ligne sur son blog avant même la publication des résultats.
Selon lui, il s'agit d'une "pseudo-consultation, jugée irrégulière par la justice, et dont seule la disparition du statut du Président d'honneur constituait une réelle modification alors que sans aucun débat, je n'avais même pas eu droit de me défendre". Il affirme également que "les opérations de réception et de comptage ont été réalisées de façon totalement opaque, sans possibilité de contrôle". Lui-même avait appelé à l'abstention.
"Une dernière fois, je demande aux dirigeants du Front National de retrouver la raison et le chemin de l'union... avant qu'il ne soit trop tard", conclut-il.
Le fondateur (en 1972) du Front national a-t-il les moyens de mettre à exécution ses menaces ? "Son seul moyen de pression, ce serait de faire acte de candidature à la présidence de la région Paca", a estimé un responsable FN.
Mais se présenter dans une région où sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen a été investie est une arme à double tranchant. Entré en dissidence, Jean-Marie Le Pen offrirait à son parti l'occasion de l'exclure purement et simplement, cette fois sans possibilité de recours à la justice.
Sur cette question, "le Menhir" a plusieurs fois soufflé le chaud et le froid. Mardi, il a laissé entendre qu'il renonçait à se présenter... tout en se donnant jusqu'à la fin de l'été pour prendre une décision définitive.
Réaction de sa petite-fille mercredi sur BFMTV: "à un moment, il faut être sérieux. Je lui ai dit clairement: on ne peut pas se permettre de se perdre dans ce type de guerre fratricide".
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