Vol MH370: les autorités pensent se rapprocher de la "résolution du mystère"

© AFP - Richard Bouhet
La résolution du mystère du vol MH370 est "proche", les autorités malaisiennes en sont convaincues, après avoir établi vendredi que le fragment d'aile découvert sur l'île de La Réunion, qui sera acheminé en métropole dans les heures à venir, provient bien d'un Boeing 777.
Ce débris long de deux mètres retrouvé mercredi sur une plage de l'île, dans l'ouest de l'océan Indien, doit partir vendredi soir vers Paris-Orly par "un vol commercial d'Air France (AF671) qui doit atterrir à 06H20" (heure de Paris) samedi, ont indiqué plusieurs sources aéroportuaires à l'AFP.
Il sera acheminé dans la journée par la route à Toulouse, "escorté par des gendarmes mobiles", selon une source proche du dossier. Là, il sera expertisé à partir de "mercredi après-midi" par un laboratoire dépendant du ministère de la Défense, a annoncé vendredi le parquet de Paris.
Des morceaux d'une valise marron, retrouvés jeudi à proximité du débris d'avion, seront également expertisés dans un laboratoire de la gendarmerie près de Paris, selon le parquet. La durée de ces expertises n'a pas été précisée.
Lundi, un des trois magistrats français chargés de l'enquête, un représentant des autorités judiciaires malaisiennes, un autre du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), les gendarmes français et des experts malaisiens se réuniront à Paris. La justice française s'est saisie car quatre des 239 victimes de la catastrophe aérienne du 8 mars 2014 sont français.
Selon une source proche du dossier, les autorités malaisiennes doivent officialiser dans les jours à venir une demande d'entraide judiciaire adressée à la France.
Une vaste coopération internationale a été mise en œuvre depuis près d'un an et demi pour tenter de retrouver la trace du MH370, associant notamment la Chine, la Malaisie, les États-Unis et l'Australie.
Selon le vice-ministre malaisien des Transports, un "numéro partiel" sur le débris "confirme qu'il provient d'un avion Boeing 777". "Je crois que nous nous rapprochons de la résolution du mystère du MH370. Cela pourrait être une preuve convaincante que le MH370 s'est abîmé dans l'océan Indien", a ajouté Abdul Aziz Kaprawi.
Martin Dolan, directeur du Bureau australien de la sécurité des transports, qui dirige les opérations de recherche du MH370 dans l'océan Indien, s'est de son côté dit "de plus en plus convaincu que les débris sont ceux du MH370".
- Remonter le courant -Des experts estiment que le fragment pourrait correspondre à un flaperon de B777, un volet bordant les ailes d'avion que les pilotes actionnent au décollage ou à l'atterrissage.
Selon l'océanographe français Joël Sudre, des débris du MH370 ont pu dériver de l'ouest de l'Australie jusqu'à La Réunion au gré du courant équatorial sud (SEC). Dans un tel scénario, des images satellite de ce courant maritime peu profond pourraient permettre de localiser "en quelques jours" la zone du crash.
Mais le ministre des Transports australien Warren Truss, tout en admettant que le débris "pourrait être une pièce matérielle très importante", a jugé qu'il était "presque impossible" de retrouver l'épave principale à partir de cet élément.
Sur l'île de La Réunion, la mer a rejeté d'autres débris sur la plage, où une association de nettoyage a trouvé le fragment d'aile. La zone, qui n'a pas été sécurisée par les enquêteurs, était envahie vendredi par des dizaines de badauds et de journalistes venus du monde entier. Plusieurs bouteilles ont notamment été remises aux gendarmes.
"Je suis venu ce matin pour voir les équipes de nettoyage et j'ai retrouvé cette bouteille" de détergent, a notamment expliqué Philippe Sidam, président de l'association 3E. "Sur la bouteille, il y a écrit +Indonesia Jakarta+. Je me suis dit +Peut-être que ça fait partie de l'avion.+"
- Poursuite des recherches en mer -Aucune trace du MH370 n'a jusqu'à présent été retrouvée, en dépit d'intenses recherches dirigées par l'Australie dans le sud de l'océan Indien, où des satellites ont "accroché" pour la dernière fois les systèmes de communication de l'appareil après qu'il eut bifurqué de son plan de vol.
L'explication la plus crédible, selon les responsables de l'enquête, est qu'une brusque chute du niveau d'oxygène dans l'appareil a rendu l'équipage et les passagers inconscients. L'avion aurait alors volé en pilote automatique jusqu'à sa chute en mer, faute de carburant.
Après plusieurs fausses alertes qui ont plongé les familles des disparus dans le désarroi et suscité leur méfiance vis-à-vis des autorités des pays concernés, le ministre australien des Transports a martelé vendredi que la zone de recherches circonscrite était la bonne. "Nous restons convaincus de chercher au bon endroit", a-il dit.
Les spéculations demeurent principalement concentrées autour d'une défaillance mécanique ou structurelle, ou un acte terroriste, mais rien n'est jusqu'alors venu étayer l'un ou l'autre scénario et le mystère autour de ce drame alimente une kyrielle de théories complotistes.
Le 29 janvier, la Malaisie a officiellement déclaré que cette disparition était un accident et que les passagers et l'équipage étaient présumés morts, provoquant la colère des familles.
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