Migrants: ils dénoncent leur condition d'accueil dans un centre près de Paris

© AFP - ALAIN JOCARD
Une cinquantaine de migrants, en majorité érythréens et soudanais, ont bloqué mardi l'accès à leur centre d'hébergement Emmaüs près de l'hippodrome de Vincennes à l'est de Paris pour dénoncer leurs conditions d'accueil qu'ils comparent à de la "détention", ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Une solution pour nos problèmes", "nous voulons que le gouvernement prenne conscience de notre situation", pouvait-on lire sur des banderoles accrochées à la grille d'entrée du centre.
Depuis l'aube, ces migrants, hébergés depuis juin après les évacuations de plusieurs campements de la capitale, empêchaient les travailleurs sociaux d'Emmaüs de pénétrer dans le site afin d'alerter l'opinion sur leurs conditions d'hébergement qui "ressemblent à des conditions de détention", selon un communiqué transmis par le comité de soutien "La Chapelle en lutte".
Ces migrants dénonçaient aussi l'absence de suivi de leur situation administrative, contrairement à ce qui leur avait été promis lorsqu'ils ont été expulsés de leurs campements.
En fin de journée, leurs revendications ont été acceptées et les migrants ont levé leur blocage.
"On dirait une prison", a raconté mardi matin à l'AFP Abdallah, un migrant d'Érythrée. "On accepte la situation car c'est mieux qu'être à la rue, mais ici il n'y a rien", a-t-il dit en montrant les barreaux fixés aux fenêtres de sa chambre et les lits vissés au sol.
- un accompagnement individuel -Entouré de grillages et de barbelés, ce centre d'hébergement, habituellement ouvert de novembre à juin pour accueillir des SDF, a été construit dans un ancien centre de rétention.
"Il n'y a aucun moyen de laver ses affaires, pas même une bassine et de l'eau ; un savon est divisé entre vingt personnes. La nourriture est mauvaise et insuffisante. Tous les jours, nous sommes contraints de frauder parce que le centre ne nous fournit pas de titres de transport", déploraient les migrants.
"On nous avait promis qu'on nous aiderait dans nos démarches, mais personne ne nous aide", a expliqué Abdallah.
"Notre travail, c'est la mise à l'abri de ces personnes: faire en sorte qu'elles puissent dormir avec un toit au-dessus de leur tête", s'est défendue Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale adjointe d'Emmaüs Solidarité, venue sur place. "Nous sommes un centre d'hébergement. (Pour leur situation administrative), cela relève de la compétence et du financement de centres d'asile", a-t-elle expliqué.
Dans l'après-midi, des représentants des services de l'Etat ont pu entrer et discuter avec les migrants, qui ont finalement vu leurs revendications satisfaites.
"L'échange a permis d'apporter des précisions et de lever certaines incompréhensions sur l'accompagnement mis en place", a indiqué Jean-François Carenco, préfet d'Ile-de-France, dans un communiqué.
Les migrants ont notamment obtenu des rendez-vous personnalisés ce jeudi pour faire avancer leurs démarches administratives. En fonction de leur situation, ils seront orientés vers France Terre d'Asile, la préfecture ou l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).
Ils auront désormais une machine à laver dans le centre, ainsi que des photos d'identité et des tickets de métro, a détaillé Marin Marx-Gandebeuf, membre du comité "La Chapelle en lutte".
"Le plan gouvernemental lancé en juin ne se résume pas à des mises à l'abri mais aussi à un accompagnement individuel. Des visites ont lieu toutes les semaines pour suivre les situations", a assuré la préfecture, qui rappelle que 1.300 places d'hébergements ont été ouvertes depuis début juin en Ile-de-France.
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