Un cheminot, payé 5.000 euros par mois, reproche à la SNCF son inactivité
Le siège de la SNCF, le 15 juillet 2015 à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne© AFP/Archives - MARTIN BUREAU
Un cheminot dénonce le fait d'être payé 5.000 euros par mois depuis 12 ans sans travailler, mais la SNCF lui reproche d'avoir refusé les affectations et solutions qui lui ont été proposées, selon des informations obtenues vendredi par l'AFP, confirmant une information du Point.
Charles Simon, cadre supérieur de la SNCF, qui a expliqué à l'AFP avoir été "placardisé virtuellement" en 2003 pour avoir "dénoncé une mauvaise gestion de la comptabilité de Geodis [filiale de la SNCF]", déplore ne pas avoir été affecté à un nouveau poste depuis.
L'homme de 55 ans indique avoir reçu quatre propositions de postes en 12 ans, pour lesquels il n'a pas été accepté "après les entretiens parce (qu'il est) un lanceur d'alerte".
La SNCF précise que cet employé n'a déposé aucune plainte contre la mauvaise gestion qu'il dénonce, et considère l'attitude de Charles Simon "comme mal intentionnée", précisant qu'il a "refusé toutes les solutions proposées, reclassement ou négociation financière pour quitter l'entreprise", selon un porte-parole du groupe.
Le groupe public, qui n'est pas en capacité de mettre quelqu'un à la retraite d'office, ne peut pas non plus le licencier, puisque M. Simon est employé "au statut cheminot, qui interdit le licenciement", souligne le porte-parole.
Selon M. Simon, le statut de cheminot n'interdit pas le licenciement pour faute.
La SNCF a précisé mettre fin à toute négociation sans lui verser "un euro de dédommagement" et annonce que le Saint-Quentinois qui a fait l'école des Mines et l'ESSEC "sera affecté à un nouveau poste à partir du 1er septembre".
Qualifiant cette offre de "mutation disciplinaire" et précisant qu'il n'était pas au courant de cette proposition, le quinquagénaire réclame la reconnaissance de son statut de lanceur d'alerte et l'application de la loi Cahuzac qui protège ces derniers.
"Dans le cas contraire, je prendrai les mesures qui s'imposent au regard de cette mutation d'office constituant un délit de plus commis par la SNCF à mon encontre. Concrètement je ne me mettrai pas en situation irrégulière en refusant ce poste", a précisé M. Simon samedi à l'AFP.
La SNCF ajoute avoir été attaquée en 2011 devant les Prud'hommes par Charles Simon, qui estimait "que son inactivité constitue un préjudice". Le salarié "a été débouté", et réclame désormais au groupe ferroviaire "un demi-million d'euros de dédommagement pour son inactivité", selon la SNCF.
Alors que la SNCF estime que l'homme a juridiquement épuisé toutes ses voies de recours, son avocate Me Anne-Sophie Petit, a expliqué à l'AFP qu'une demande de dommages et intérêts pour sanction injustifiée était en procédure à la Cour d'appel de Paris.
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