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La mosquée d'Auch ravagée par un incendie d'origine indéterminée

Le croissant islamique trônant au-dessus de l'entrée de la Grande mosquée de Paris, le 11 mars 2010
© AFP/Archives - Lionel Bonaventure

Un incendie a ravagé la mosquée d'Auch aux premières heures de dimanche sans qu'on sache encore s'il s'agit ou non d'un acte criminel après l'attaque islamiste présumée dans un train à destination de Paris, ont déclaré les autorités.

Le feu qui s'est déclenché vers 03H30 du matin n'a pas fait de victime mais a détruit les trois-quarts du bâtiment, provoquant l'effondrement du toit, ont rapporté le procureur de la République Pierre Aurignac et le ministère de l'Intérieur.

L'identité judiciaire de Toulouse a été convoquée et des experts sont attendus lundi à Auch.

"Je voudrais tirer ça au clair étant donné le contexte des événements récents en matière de terrorisme islamiste", a dit M. Aurignac à l'AFP au moment où un Marocain au profil d'islamiste radical était interrogé près de Paris après qu'une tuerie a été évitée de justesse ce weekend.

Fortement armé, Ayoub El Khazzani a ouvert le feu vendredi dans un TGV reliant Amsterdam à Paris avant d'être maîtrisé par des passagers.

Des travaux liés à l'agrandissement de la mosquée dans la préfecture du Gers étaient en cours et c'est à proximité de cette zone que le feu a pris, a ajouté le procureur.

"Je voudrais savoir si c'est effectivement accidentel ou pas. Pour l'instant je n'ai pas de raison de penser que cela le soit et on ne peut pas dire sur Auch qu'il y ait des tensions communautaires", a-t-il dit.

"Je n'ai pas du tout d'éléments dans ce sens pour l'instant", a-t-il souligné à propos de l'hypothèse criminelle, préférant attendre des conclusions solides alors que beaucoup de déclarations circulent.

- "Faire toute la lumière" -

Il s'est refusé notamment à confirmer des informations de presse sur une forte odeur d'essence qui aurait été sentie par des policiers sur place.

"Le fait que ça sente l'hydrocarbure, je ne confirme pas du tout", a-t-il dit.

Il a également réagi avec prudence à un article de la Dépêche du Midi selon lequel "des traces d'effraction ont été constatées dans une villa qui surplombe le chantier" de la mosquée: portillon forcé et clôture en grillage découpée.

"Ce n'est pas parce qu'une clôture a été dégradée à proximité qu'il y a eu effraction pour rentrer dans la mosquée", a dit Pierre Aurignac.

Une vitre a ainsi été cassée mais il s'est avéré qu'elle l'avait été par les pompiers, a-t-il expliqué.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a promis de tout faire pour connaître les causes exactes de l'incendie.

"Les premières constatations conduisent cependant à ne pas écarter d'emblée son origine malveillante", écrit un communiqué de l'Intérieur.

Le ministre Bernard Cazeneuve "apporte son entier soutien à la communauté musulmane et l'assure de la pleine mobilisation des services de police pour faire toute la lumière sur ces faits", selon le texte.

M. Cazeneuve, "réaffirme son engagement à protéger les lieux de culte de toutes confessions et à lutter contre toutes les expressions de haine et d'intolérance", conclut-il

La mosquée avait été visée fin janvier par des inconnus qui avaient jeté des lardons de porc par dessus son portail, a rappelé le procureur, un acte qu'il a qualifié de "blague de potaches".

L'incident s'était produit peu après les attentats contre Charlie Hebdo et un magasin casher notamment qui ont fait 17 morts dans la région parisienne.

L'ancien président de la mosquée, Ahmed Mouhouche, a lui aussi dit ignorer ce qui avait provoqué le feu, "si c'est criminel, ou une défaillance électrique ou le gaz, on ne sait pas".

"C'est malheureux", a-t-il déclaré à FR3 devant le bâtiment de quelque 300 m2 de construction récente.

"Ca allait très très bien, on n'a jamais eu de problèmes", a-t-il ajouté, soulignant qu'entre 200 et 250 personnes se réunissaient régulièrement à la mosquée pour la prière du vendredi.

Jacques BOYER | 24/08/2015 - 05:04