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Eleveurs laitiers: la grève est suspendue mais pas la mobilisation
25/09/2009 | 13:18

Les producteurs européens de lait en grève depuis une dizaine de jours ont suspendu jeudi soir leur mouvement jusqu’au 5 octobre, date à laquelle les ministres de l’agriculture européens doivent se réunir pour évoquer notamment la mise en place des systèmes de régulation et des prêts préférentiels promis aux agriculteurs.

Le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a indiqué mardi dernier ses intentions: «nous avons la voie libre pour bâtir une régulation européenne alors qu’il y a quelques jours à peine, la voie était bloquée»

Dans le département de l’Ariège, depuis plus d’une semaine, les éleveurs laitiers de l’APLI (association des éleveurs laitiers indépendants) organisent des distributions gratuites sur les marchés…

Vendredi matin ils étaient sur celui de Foix où ils ont rencontré la population et les élus pour leur expliquer les problèmes concrets rencontrés par la profession.

«Le libéralisme tel qu’il est prôné par la commissaire européenne Mariann Fischer-Boel n’est pas acceptable, il ne profite qu’aux grandes surfaces, expliquent les éleveurs de Basse Ariège venus soutenir l’action de leurs camarades de l’APLI.

Si l’on continue ainsi, 1/3 des éleveurs disparaîtront à la fin de l’année, nos finances sont à plat, notre trésorerie est exsangue !»

Tous demandent la régulation des marchés, considérant la grève comme une situation extrême: «quand on déverse le lait dans les champs c’est un appel de détresse pour être écoutés […] 

Le lait on le jette mais on sait aussi le donner,
précise Roland devant un auditoire improvisé devant sa vache Prim’Holstein et ses deux veaux montés à la ville pour l’occasion.

On ne veut pas créer une pénurie ni affoler la population, on espère seulement  que les ministres de l’Agriculture tiendront leurs engagements le 5 octobre prochain»

Pour Alain Fauré, maire des Pujols venu les soutenir, les agriculteurs ont eu raison de communiquer, ils témoignent de leur détresse auprès des citoyens.

«Il est inadmissible de travailler pour rien […] mais jour après jour, les fossés se creusent, ils doivent faire face à des dépenses sans pour autant faire rentrer de recettes […] une réflexion doit être engagée sur le coût de l’exploitation de l’entreprise.

Pourquoi ne peuvent-ils pas vivre de leur production alors que des groupes laitiers ou des multinationales achètent des terrains pour y installer des usines à lait ?
»

Faut-il attendre la disparition annoncée des éleveurs laitiers avec la fin des quotas?

C’est également une des questions que se pose Frédérique Massat, députée de l’Ariège: «il s’agit d’une crise sans précédent du monde agricole, qui n’a pas besoin de cela dans notre département […]

Nous dénonçons avec détermination ce jeu de dupe dont les victimes sont les éleveurs laitiers et les consommateurs qui pour leur part ne constatent aucune baisse de prix […]

L’heure n’est plus aux rafistolages mais à un changement radical , les députés socialistes exigent une prorogation sine die des quotas laitiers ainsi que le gel immédiat de leur augmentation.

Les décisions désastreuses décidées sous la présidence française de l’Union Européenne fin 2008 doivent être abandonnées, il en va de la vie de notre agriculture
»

Pour Christian Lavigne, éleveur laitier, responsable départemental de l’APLI, cette régulation au niveau européen constitue une avancée mais il ne relache pas la garde.

«Aujourd’hui, nous avons le soutien de toutes les organisations professionnelles du département, on ne peut que se réjouir de ce formidable élan de solidarité»

120 producteurs laitiers sont concernés dans le département de l’Ariège et tous sont conscients que leur avenir se joue à Bruxelles.

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 25/09/2009 | 13:18 | Lu: 8804 fois