Après des semaines de mobilisation, et ne parvenant pas à accéder aux tables rondes de l’interprofession, l’APLI (Association de Producteurs Laitiers Indépendants) tente désormais de se structurer, en marge de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs Laitiers); avec comme objectif: la création d’un Office du lait.
Un nouvel espoir qui constitue un nouveau chapitre dans la très mouvementée crise du lait.
Nous avons rencontré Christian Lavigne, président de l’APLI 09, pour qu’il nous parle de ce projet.
Pourquoi un Office du lait?
«Début 2010, le prix du lait n’a pas évolué par rapport à 2009 et les producteurs continuent de produire à perte.
Nous voulons mettre sur pied cette structure en s’inspirant du modèle canadien (seul système dans le monde qui permet aux producteurs de vivre de leur métier).
Le but serait de regrouper l’ensemble des acteurs de la filière autour d’un prix rémunérateur pour les producteurs.
Notre moyen économique pour se regrouper, ce sont nos volumes de lait. Il faut qu’il y ait un élan de solidarité des éleveurs.
Plus on sera nombreux, plus on aura de poids. Nous continuons notre travail sur le terrain pour regrouper des adhésions des éleveurs»
Si vous ne pouvez pas peser sur les négociations, que va-t-il se passer?
«On ira encore vers une régularisation en contractualisation, c'est-à-dire que les agriculteurs passent un contrat avec les industriels pour un volume de lait à un prix donné.
Mais comme aujourd’hui on est incapable de négocier face aux industriels, ce prix nous sera forcément défavorable»
Les agriculteurs ont-ils envie de faire marcher cette solidarité, ou sont-ils plutôt repliés sur eux même?
«Aujourd’hui, certains sont résignés. Mais d’autres ont encore envie de se battre, et on fait partie de ceux là.
Car pourquoi ne pas pouvoir vivre d’un métier, d’une passion? C’est tout simplement la défense de notre boulot.
Quand on se lève le matin pour travailler, c’est pour avoir un salaire au bout, tout simplement»
Se mettre ensemble pour peser, c’est une idée qui parait assez logique, pourquoi ça ne s’est pas fait avant?
«La politique adoptée jusqu’à maintenant qui consistait à compenser les baisses de revenus par une hausse de la production a fait que les producteurs ont du être plus productifs.
C’est toujours plus de travail, et donc de moins en moins de temps pour aller voir chez les voisins comment ça se passe, et voir s’ils ont les même problèmes»
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