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Le 12 janvier 2010, l’arrêté fixant les nouvelles conditions de rachat de l’électricité produite par des panneaux photovoltaïques paraît, sous le regard anxieux d’un secteur en plein boom.
Comme tout le monde s’y attendait, les tarifs sont revus à la baisse par rapport à ceux fixés en 2006.
A l’époque, de nombreux agriculteurs commencent à s’équiper en panneaux photovoltaïques posés sur leurs fermes, devant un avantage financier non négligeable.
Ils produisent une énergie qu’EDF leur rachète pour un bon prix.
L’investissement de départ, lié à la pause du matériel est en général amorti en moins de 10 ans et les agriculteurs touchent ensuite des revenus réguliers.
Ces nouveaux prix de l’électricité changent la donne: les projets d’installation seront moins rentables.
Mais c’est ailleurs que le bât blesse. Et il faut revenir en novembre pour comprendre.
Anticipant la baisse des tarifs, des milliers de dossiers sont déposés fin 2009.
Selon la chambre d’agriculture, l’AOA (en charge de la réception) reçoit 5000 demandes par mois en octobre et fin novembre: 3000 par jour!
Victime de son succès, le photovoltaïque commence à inquiéter les autorités.
Le gouvernement dénonce alors une «bulle spéculative» et décide tout simplement de changer les règles en cours de route: une série de dossiers déposés entre le 1er novembre et le 11 janvier 2010 ne seront plus éligibles.
Comme raison de cette marche arrière: cette envolée (si elle s'était poursuivie) aurait pu coûter cher aux consommateurs qui financent le rachat de l'énergie photovoltaïque par le biais de la Contribution au service public de l'électricité (CSPE).
La facture des Français aurait du augmenter de 10 à 11% pour financer tous ces projets.
Mais cette décision provoque la colère de la filière photovoltaïque qui se dit «sous le choc»
Parlant d’une même voie dans un communiqué, une quinzaine d’entreprises approuvent une évolution des tarifs plutôt logique, mais dénonce la mesure rétroactive décriée:
«Comment changer une règle du jeu quand la partie est en cours? Drôle de méthode qui met en péril de nombreuses PME du secteur»
«ae3000» vient par exemple d’ouvrir une antenne dans l’Ariège, profitant de marchés passés avec la Chambre d’Agriculture.
Et ce revirement inattendu concerne pour l’entreprise une vingtaine de contrats mis en péril.
Selon Thomas Recoing, chargé de communication d’ae3000, «nous nous retrouvons avec des dossiers qui avaient été validés entre novembre et janvier, et qui vont peut-être nous échapper.
En fonction des règles que l’Etat fixera, cela peut représenter 30 Millions d’euros de Chiffre d’Affaires.
De plus, nous pouvons subir une baisse d’activité très importante pendant 3 à 6 mois»
Côté agriculteurs, la conséquence sur les projets ariégeois n’est pas négligeable. Sur la vague lancée en 2008, 10% d’entre eux sont impactés.
De nouvelles études de rentabilité devront être effectuées. Car même si le rachat de l’énergie est moins avantageux, le prix des panneaux a baissé et les technologies s’améliorent.
Ce qui amène Emmanuel Lecomte, directeur de la chambre d’agriculture de l’Ariège, à expliquer que «les projets photovoltaïques ne sont pas à mettre à la poubelle.
Cette production d’électricité, au lieu d’être considérée comme un complément de revenu, pourra permettre de financer la construction d’un bâtiment par exemple»
Au niveau national, l’Etat sera sûrement attaqué pour ce changement soudain des règles.
A l’heure actuelle, la Chambre d’Agriculture réclame que l’ancien tarif soit pris en compte pour les dossiers dont la demande a été formulée entre le 1er novembre et le 31 décembre 2009.
Quant aux entreprises qui posent les panneaux photovoltaïques, elles réclament un éclaircissement des règles au plus vite.
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