Divorce consommé entre la fédération des chasseurs de l'Ariège et la Dreal
08/02/2010 | 11:20
© MidiNews 2010

Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège, n’est pas homme à mâcher ses mots… aussi quand il a quelque chose à dire il «convoque» la presse.

Depuis les évènements de l’automne dernier, les chasseurs ariégeois ont l’impression d’être mal compris, surtout par le ministère de Jean-Louis Borloo: «on a bien tenté de nous imposer de nouvelles contraintes, expliquait le président de la fédération, telle que la création de zones à ours ou de zones d’exclusion temporaire […]

Mais avec plus de 400 battues chaque jour de chasse, tout s’est toujours parfaitement déroulé, avec la présence de l’ours ou pas! […]

La notion de dérangement est commune à toutes les espèces protégées: à partir du moment où une de ces espèces est présente, les contraintes arrivent, notamment la suppression de la chasse en battue.

Nous n’accepterons jamais de céder la montagne aux espèces protégées!

Depuis 1996, l’Etat s’est engagé à ce que la présence de l’ours soit sans conséquence pour la pratique de la chasse en Ariège.

De son côté, la fédération a choisi de mettre à disposition de l’équipe technique «ours» un technicien recruté à cet effet et prenait en charge la gestion administrative des indemnisations des dégâts imputables à l’ours, le tout financé par le plan de réintroduction […]

A notre corps défendant nous avons été partenaires de cette réintroduction; mais aujourd’hui sans aucun préavis, le responsable de l’équipe technique ours vient de congédier notre technicien et dans le même temps, la Dreal (direction générale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) vient de signifier à la fédération son refus de signer un projet de convention qui visait à confirmer l’engagement de l’Etat de ne pas prendre pour prétexte la présence de l’ours pour imposer une quelconque interdiction ou limitation de la chasse […]

Nous sommes choqués de la mauvaise foi de l’administration […]

Nous constatons que notre fédération n’est pas la bienvenue dans la gestion du dossier ours et que les autorités refusent de confirmer les engagements pris jusqu’alors.

Aussi nous avons décidé de mettre fin à ce contrat liant la fédération des chasseurs de l’Ariège au groupe ours.

La mission du technicien embauché pour le suivi prend donc fin ainsi que le suivi des dossiers de remboursement des éleveurs qui seront désormais traités par les services de l’Etat […] Cela risque d’être moins rapide […]

On a essayé de nous imposer des zones à ours où la chasse était interdite, c’est pour cette raison que nous avons réagi violemment le 3 octobre dernier et que j’ai été élu président […] les promesses signées n’ont pas été tenues, on a été trompé par l’Etat
»

Dans son discours, le président Fernandez évoque la rupture existant entre les citadins et la réalité de la ruralité.

Si certains de «ses amis» lui ont longtemps reproché d’être partenaire du plan ours, la fédération des chasseurs de l’Ariège vient de s’en affranchir…

Au prix peut-être d’un de ses techniciens, mais un technicien «chargé de me tenir au courant, d’informer les présidents des ACCA, mais qui ne l’a pas toujours fait (il y a eu des pressions du préfet) et je ne peux que le déplorer.

Son poste est supprimé. Un technicien de la fédération qui a déjà assumé cette mission le remplacera, en soutien des ACCA mais nous ne collaborerons plus avec l’Etat […]

On nous a reproché d’être partenaire du plan ours, mais tous les agriculteurs qui acceptent des remboursements sont aussi partenaires du plan ours
»

Aujourd’hui, le président de la fédération des chasseurs se dit un peu amer, il a décidé de se concentrer sur un travail en interne pour être au plus près, indique t-il, des 7500 chasseurs ariégeois.

Après le grand tétras, le lagopède, les chasseurs ariégeois n’entendent pas renoncer ou mettre un frein à leur pratique de la chasse à cause de la présence d’ours.

Ils seraient une dizaine dans le département de l’Ariège. Sur les six départements Pyrénéens, seules les Pyrénées Atlantiques et la Haute Garonne (dont ses 4 cantons de montagne) ont accepté des zones à ours.

Joint par téléphone ce matin, le directeur adjoint de la Dreal, M. Galibert, a indiqué que la fédération des chasseurs de l’Ariège n’avait pas souhaité renouveler sa convention.

«Le technicien qui travaillait sur cette mission est un agent de la fédération des chasseurs de l’Ariège mis à disposition pour effectuer le suivi de l’ours, la Dreal n’a pas à intervenir»

Si la convention n’est pas renouvelée «la Dreal ne peut aucunement prendre en charge un technicien fédération des chasseurs de l’Ariège»

Quant au limogeage éventuel du dit technicien, la Dreal indique ne pas avoir d’opinion sur ce sujet.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 08/02/2010 | Lu: 13732 fois