Le «prix de la dynamique agricole et de la Pêche», catégorie agriculture durable. Voici le prix dont vient d’être lauréate la ferme aquacole du Plantaurel en Ariège.
Une reconnaissance bien méritée pour une production qui respecte les animaux et le milieu du début à la fin.
D’autant plus que l’exploitation a été la première en France à produire du poisson bio en 2000.
Un pari gagnant pour la ferme en plein essor dans le bio, et qui a concentré son activité sur la production de truites, en se répartissant sur deux sites.
L’un est dédié à l’élevage des poissons (sur le lac de Montbel).
L’autre est un atelier où sont transformées les truites bio, mais aussi d’autres poissons bio comme le bar ou la daurade.
Sur les deux, un cahier des charges bien précis doit être respecté, avec un temps d’élevage plus long, une alimentation particulière (sans OGM par exemple), une densité peu élevée dans les bassins notamment.
Jean Marc Pirlot, gérant de la ferme aquacole explique, «sur l’atelier de transformation, le cahier des charges (vitesse de croissance réduite, très peu de traitements, de très faibles densités de poisson) consiste à préserver l’environnement et surtout le bien être animal.
Dans l’atelier, on ne peut pas utiliser certains produits dans nos recettes, et on s’évertue à ne pas polluer le milieu»
Il y a par exemple à l’extérieur de l’atelier deux bassins, d’où s’écoule l’eau pour être auto-épurée.
Du côté de l’élevage, François Viallesseche, chef d’exploitation de la ferme aquacole, doit avoir une connaissance poussée du milieu où il travaille, «ce qui est très important, ce sont les densités.
On met entre 5 et 10 kg au m3, donc les truitelles sont très peu concentrées. Comme elles ont un certain confort de vie, elles tombent moins malades, et vivent mieux»
Il faut aussi s’adapter au rythme du poisson «le temps d’élevage en bio est plus long.
On respecte la vie du poisson et son appétit. En ce moment par exemple l’eau est froide et le poisson n’a pas beaucoup faim, donc on le nourrit peu. Il y a moins de croissance. C’est un retard que l’on rattrape à d’autres périodes plus favorables»
Pour le gérant de l’exploitation, cette manière de travailler correspond avant tout à une manière de raisonner autrement.
Selon lui, «ça nous pousse à nous surpasser au niveau technique. Par exemple, quand on a commercialisé des petits pots pour bébé, on nous a demandé de produire sans antibiotique dans la vie du poisson.
Comme le cahier des charges le permet à faible dose, on ne pensait pas pouvoir le garantir. Mais cette idée a germé, et on a beaucoup travaillé au niveau de la prévention, ça fait 4 ans qu’on n’utilise pas un gramme d’antibiotique, et on arrive à trouver d’autres solutions»
Enfin, pour être compatible avec le bio, le site de Montbel n’est soumis à aucun type de pollution agricole ou industrielle (les teneurs en pesticides, métaux lourds et dioxines sont régulièrement surveillés).
Et l’eau y est aussi de très bonne qualité (catégorie 1A), et c’est là le premier maillon de la chaine.
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