On avait annoncé cette manifestation symboliquement organisée le 13 mars, veille du premier tour des élections régionales, comme «La Grande Marche des Pyrénées»…
Samedi à Tarbes, quelque 2500 personnes, venues des quatre coins de la chaîne Pyrénéenne, sympathisants des associations militant contre l’introduction des ours (ADDIP, ASPP 65, ASPAP 09, FTEM), représentants des chambres d’agriculture, éleveurs, fédérations des chasseurs, des propriétaires forestiers, élus… se sont retrouvées au son des cors de chasse au Foirail, sous les banderoles «Oui à l'agriculture, non à l'ours» ou «non à la sanctuarisation des Pyrénées»
Des drapeaux basques, catalans, espagnols, des contingents du Val d’Aran, d’Aragon, de la vallée de Broto mais aussi côté français, de la vallée d’Aure, du Louron, d’Ossau, d’Orlu et du Vicdessos… toutes les Pyrénées étaient à Tarbes samedi matin «pour sauver la montagne»
Philippe Lacube, président de l’Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées (ADDIP), a rappelé «la cause de cette colère qui monte du fond des vallées» Chantal Jouanno (secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie) a promis après les élections régionales de poursuivre les lâchers d’ours dans les Pyrénées.
De quoi raviver le courroux des éleveurs et de tous ceux qui pratiquent la montagne.
«Le milieu écolo n’a pas le monopole de l’écologie, estime Philippe Lacube, nous sommes pour la biodiversité à visage humain et non pour l’ensauvagement de notre montagne […]
Nous en appelons au président Sarkozy pour faire cesser ces futures introductions»
François Toulis, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, représentant les six chambres d’agriculture du massif, demande un référendum afin que les Pyrénéens puissent s’exprimer sur le sujet.
Pour lui: «il ne peut y avoir compatibilité entre réintroduction de l’ours et activité agro-pastorale»
Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège, apporte son total soutien aux agriculteurs: «tout le monde est inquiet et choqué car les coûts des introductions représentent chaque année des sommes colossales: 5M€ pour les loups dans les Alpes et 2M€ pour l’ours dans les Pyrénées […]
C’est honteux alors que les agriculteurs ne peuvent pas vivre de leur travail […] le monde rural est en marche et il ne se laissera pas imposer une espèce protégée sans concertation»
François Fortassin, sénateur des Hautes Pyrénées, vice président du Conseil général, connaît bien les problèmes de l’activité pastorale puisqu’il a récemment réalisé un rapport sur l’élevage ovin: c’est au nom du «patriotisme pyrénéen» qu’il s’exprime:
«Le pastoralisme est indispensable tant au plan économique qu’environnemental, il préserve les paysages et constitue un élément essentiel à la biodiversité»
Il est rejoint par François Maïtia, vice président de la Région Aquitaine, président du Comité de Massif des Pyrénées: «la France est donneuse de leçons, elle ferait mieux de réviser ses positions […] le comité de Massif a interpellé le gouvernement sur ces réintroductions car nous préférons avoir des bergers sur nos montagnes que des ours !»
Enfin, Marc Carballido, vice-président du Conseil régional de Midi-Pyrénées poursuit en ces termes: «l’ours n’a pas besoin des Pyrénées, son biotope est en Slovénie, les Pyrénées n’ont pas besoin de l’ours […] ce qui nous préoccupe c’est la place et l’avenir des hommes dans le massif»
En tête de cortège, Frédérique Massat, députée de l’Ariège, Henri Nayrou, président de l’ANEM, Augustin Bonrepaux fidèle à ses engagements: «l’ours a le mérite de nous rassembler, commente le président du Conseil général de l’Ariège.
Des menaces planent sur les montagnes […] si on ne nous entend pas, on saura se défendre […] aujourd’hui c’est un avertissement»
Mais aussi, Josette Durrieu, présidente du Conseil général des Hautes-Pyrénées, qui a appelé à la solidarité: «notre combat est identique sur toute la chaîne, non à l’ours et à sa réintroduction, priorité aux Pyrénées vivantes» aux côtés de Gérard Trémège, maire UMP de Tarbes, qui a redit son opposition au plantigrade.
«Je préfère voir des bergers s’installer dans nos vallées que des ours […] oui à l’ours mais dans le 18e arrondissement chez Madame Jouanno !»
Hasard du calendrier, le maire de Tarbes, actuellement en campagne aux côtés de Brigitte Barèges pour les élections régionales, reçoit mardi Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable.
Le sujet de la biodiversité pourrait bien être à l’ordre du jour.
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