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Transhumance en haut Salat, tradition et convivialité au rendez-vous
14/06/2010 | 20:14
© MidiNews 2010
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Cette année les transhumances en Couserans fêtent leur onzième anniversaire…

Aujourd’hui la fête pastorale organisée par les éleveurs est devenue une manifestation phare drainant des milliers de participants, curieux de découvrir un territoire et ses traditions, désireux de connaitre les savoir-faire ancestraux qui ont façonné l’identité pastorale de l’Ariège.

L’idée était simple : inviter le public à suivre les troupeaux et leurs bergers vers la montée aux estives dans une ambiance festive et chaleureuse, dans un esprit de partage et d’échange.

Depuis les transhumances ont relevé le défi et se sont inscrites dans la durée, cette dixième année prouve une fois de plus que derrière cet aspect évènementiel il y a une véritable démarche de valorisation de la profession d’éleveur et une formidable impulsion pour le développement économique.

Jean Marc Amilhat, président de la Transhumance en haut Salat qui met un point final au cycle de ces transhumances en Couserans ne démentira pas ce propos.

«Certes c’est aujourd’hui devenu un produit touristique mais nous n’avons pas vendu notre âme au diable, nous entendons garder nos valeurs, les défendre et les faire partager.

Depuis les temps immémoriaux, chevaux, moutons et vaches prennent les chemins de la montagne pour y passer la belle saison […]

Autrefois les éleveurs montaient avec familles et amis, aujourd’hui le cercle s’est agrandi mais l’esprit est resté. A chaque étape une fête, un bon repas, des danses folkloriques et des chants ariégeois
»

Bref des choses simples, des moments uniques permettant de mieux se connaître, d’évoquer les difficultés du métier d’éleveur et de faire partager la passion qui anime tous ces hommes et ses femmes qui perpétuent la tradition des anciens.

La transhumance c’est aussi le moyen de donner du sens à leur engagement et de montrer leur attachement à leurs racines.

François Martres, dit «Fanfan» élève des brebis tarasconnaises sur les collines de Belloc sur la commune de Betchat.

Il a commencé à transhumer à l’âge de 17 ans dans les pas de son père et de son  grand-père dont il porte le prénom.

Sourcils et moustache en broussaille qu’éclaire un large sourire, ce terrien a décidé de participer à la renaissance des transhumances en Couserans pour perpétuer l’esprit de solidarité et d’amitié qui guidait les bergers de la montagne ainsi que la passion de l’élevage transmise par les anciens qu’il entend bien faire partager.

«A l’époque l’hospitalité n’était pas un vain mot, quand on offrait une assiette de soupe au berger sur le chemin des estives cela représentait beaucoup car les gens n’avaient pour toute fortune que ce qu’ils avaient sur le dos […]

C’est cette authenticité qu’il faut montrer à travers les transhumances
»

Parti de Betchat la veille, les trois cents brebis ont passé la nuit au pied du Palais des évêques de Saint Lizier avant de prendre samedi matin le chemin de Lacourt puis d’accéder par la route des tunnels à Seix et atteindre le lendemain  l’estive du Mont Rouch. 

Au fil du parcours, vaches gasconnes, mérens et autres moutons sont venus accroître le troupeau de «Fanfan», les marcheurs aussi.

Parmi les habitués, Philippe originaire de la région de Namur (Belgique) qui depuis plusieurs années prend une semaine de vacances pour participer à cette transhumance qu’il ne manquerait sous aucun prétexte.

«Les gens des villes viennent découvrir nos montagnes, les traditions et notre travail sur les estives, explique Fanfan. On assiste actuellement à un retour aux racines, aux choses simples et c’est une bonne chose d’après moi que l’on apprenne à se connaître»

Arrivés à Seix, c’est la fête : spectacles folkloriques avec les Bethmalais, les bergers des Landes (Lou Crabots de Semisens) ou les spectaculaires Bidasoako Joaldunak du Pays basque avec leurs grosses sonnailles fixées au dos de ces étranges bergers aux chapeaux pointus qui agitent un plumeau fait de crins de cheval.

«C’est pour éloigner le mauvais sort» explique Manolo.

Marché traditionnel avec produits locaux, tonte de béliers à l’ancienne, repas des bergers. Dernière pause avant d’attaquer la montagne et de mettre les mollets à l’épreuve jusqu’aux estives.

Mais pour «Fanfan», la transhumance a cette année une signification particulière, il la fera sans son ami Christian Coumes, dit «Kiki Garoué» qui est «parti» prématurément.

Seuls les habitués ont pu remarquer que les bêtes de «Fanfan» n’étaient pas parées de leurs traditionnels pompons multicolores  et que certaines arboraient un pompon noir.

«Nous penserons à lui et c’est aux côtés de sa sœur Andrée que nous monterons au Mont Rouch», indique «Fanfan» au départ de Saint Lizier, la gorge serrée par la tristesse.

C’est aussi cela l’esprit des transhumances, continuer à faire vivre l’esprit de solidarité et d’amitié entre les éleveurs.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 14/06/2010 | 20:14 | Lu: 17621 fois