Ils étaient entre deux cents et deux cent cinquante, éleveurs, chasseurs, bergers, et sympathisants, à avoir répondu à l’appel de l’ASPAP – Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées -, en fait la principale association Anti-Ours du département, pour la remise solennelle et officielle d’une motion au Sous-préfet de Saint Girons.
Rassemblés devant les locaux de la Chambre d’Agriculture de la capitale couseranaise, les manifestants ont traversé la ville, en cortège, au son des cloches et des pétards, pour rejoindre la sous-préfecture où une délégation devait être reçue par le représentant de l’Etat.
Même si Henri Nayrou, député de l’Ariège et Philippe Lacube, président de l’ASPAP étaient absents-excusés, tous deux retenus à Paris, il y avait du beau monde pour ce rassemblement, à commencer par Augustin Bonrepaux, président du conseil général et opposant farouche à la réintroduction de l’ours, très en colère.
«Il y en a assez … Nous n’en pouvons plus … L’Etat doit prendre ses responsabilités … Cela ne peut plus durer … !»
De nombreux maires (Aleu, Alos, Saint lary …), et élus avaient également tenus à être là, tels les conseillers généraux Julien Souquet, Robert Zonch, et Raymond Coumes.
On notait l’absence remarquée de représentants de la commune de Saint Girons ainsi que, comme le faisait malicieusement remarquer Jean-Luc Fernandez, le très médiatique président de la fédération de chasse de l’Ariège, de celui de Massat.
«Nous n’accepterons aucune contrainte à la pratique de la chasse … Si cela devait être le cas, nous prendrons des initiatives …»
Une délégation de Haute Garonne était également, à l’instar du maire de Larrau, en Pays Basque qui, absent, avait fait parvenir une motion de soutien «aux éleveurs d’ovins et de bovins victimes des attaques féroces d’ours qui se produisent sur les estives du Couserans ariégeois»
Il faut dire que les éleveurs ariégeois, et plus particulièrement ceux du Couserans connaissent un début d’été particulièrement difficile.
La neige tardive, le froid en montagne, le vent, la pluie, les orages, le brouillard, ajoutés à la présence de vautours, et de cinq ou six ours, ont fait que de nombreuses bêtes ont disparu, tuées, ou tombées dans des ravins, ou momentanément égarées …
«Maintenant, il y en a assez», tonne un représentant de l’ASPAP, qui annonce que son association «va prendre les mesures nécessaires comme elle l’a toujours fait: certaines seront publiques, d’autres invisibles et silencieuses»
«Ce sont les plus efficaces !» crie un manifestant.
Comprenne qui pourra … Mais l’avertissement est lancé.
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