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Réunion d'agriculteurs pour des pratiques agronomiques respectueuses de l'environnement et rentables
16/07/2010 | 19:03

Dans le cadre du Plan d'Action Territorial (PAT) des basses vallées de l'Ariège et de l'Hers, une dizaine d’agriculteurs se sont portés volontaires pour tester, échanger et appliquer des pratiques agronomiques respectueuses de l'environnement et leur permettant de maintenir les résultats économiques de leur exploitation.

Ce groupe est animé par la Chambre d'Agriculture qui collecte et diffuse ainsi des références techniques de ces expériences.

Un des axes principaux de cette action consiste en l'acquisition de références locales et d'expériences pour une diffusion large sur le territoire. Les premiers travaux ont été conduits sur les leviers possibles pour une évolution des pratiques de désherbage dans les cultures. Ils se poursuivent en s'ouvrant à la question de systèmes de cultures économes en intrants (produits phytosanitaires, engrais etc.).

Dans le cadre de ces réflexions, des partenariats sont mis en place au niveau départemental et régional avec les instituts techniques agricoles ou encore la recherche.

Progresser sans cesse

Boris Rouquet, producteur de maïs et de céréales à Mazères ainsi que quelques agriculteurs du groupe (Nicolas Pujol, céréalier à Villeneuve du Paréage; Jean-Marc Soula éleveur d’ovins (polyculture élevage) et Jean-Yves Bousquet producteur de lait à Mirepoix (et président du PAT)) ont expliqué leurs pratiques en prenant l’exemple du maïs.

«Notre objectif premier, c’est vivre de notre métier, a rappelé Jean-Yves Bousquet.
Aujourd’hui, les agriculteurs regardent à deux fois avant de dépenser en intrants. Le respect de l’environnement, de notre santé et de celle de nos concitoyens sont des facteurs dont nous tenons compte depuis plusieurs années»

Anne-Claire Latrille, conseillère à la Chambre d’agriculture en charge du PAT constate que de nombreuses exploitations de la plaine se sont engagées sur des changements de pratique profonds, des reconversions à l’herbe de certaines de leurs parcelles (MAE), des plantations de haies et des réductions de l’emploi des produits phytosanitaires.

«De plus en plus d’agriculteurs participent aux réunions et formations que nous organisons dans le cadre du PAT», poursuit-elle.

L’exemple du maïs

La conseillère a rappelé ensuite que «la réussite de la conduite d'un système de culture économe en intrants réside dans la combinaison de plusieurs de ces leviers: travail du sol, couverts végétaux, connaissance des parasites, choix et positionnement des produits, techniques alternatives à la lutte chimique [...]

Ces leviers sont ensuite à adapter en fonction d'un contexte sol-climat et d'un contexte d'exploitation. Ce n’est pas simple. Il n’y a pas de vérité absolue
»

Par exemple, Boris implante de l’avoine depuis plusieurs années l’hiver avant les semis de printemps: «la structure et les analyses de sol se sont nettement améliorées sans apporter d’engrais supplémentaires», constate-t-il.

Même réflexion de Nicolas qui a réintroduit la culture du pois dans ses rotations dans ses sols argileux: «le pois en lui-même n’est pas rentable mais je récupère mes frais sur les autres cultures: moins d’azote à apporter ensuite, moins d’adventices, meilleure structure du sol... Au final c’est rentable.

Une rotation des cultures bien pensée constitue à elle seule un levier dans la diminution de l'emploi des intrants.
Et au niveau économique, il ne faut plus raisonner à la culture mais à la rotation !
»

Le groupe a présenté aussi les techniques de travail de sol pour prévenir les adventices: déchaumage, faux-semis et labour.

Utiliser moins de produits phytosanitaires

Concernant la protection phytosanitaire, les agriculteurs ont insisté sur la prévention, sur la nécessité de bien connaître la pression parasitaire (avertissements délivrés par les instituts techniques, observations au champ) et la mise en place de stratégies de traitement de fait adaptées (sur mesure et non systématiques).

Boris a insisté sur les conditions d’application des produits  : températures, hygrométrie, stade des adventices, stade des ravageurs, matériel utilisé.

«En été, les conditions climatiques optimales pour la réussite d'un traitement herbicide sont le plus souvent réunies tôt le matin avec la rosée.

En travaillant dans ces conditions optimales d’efficacité, je peux réduire la dose et j’obtiens un bon résultat
»

Les techniques alternatives font souvent appel à l'agronomie et visent la réduction de la pression parasitaire.

A.C. Latrille poursuit: «La lutte biologique contre un des ravageurs du maïs, la pyrale, s’est développée, en particulier chez les producteurs de maïs semences.

Elle consiste en un lâcher dans les parcelles d'un prédateur naturel de ce papillon: le trichogramme.

L’Ariège en est un consommateur important en France. C'est aujourd'hui un des rares exemples de lutte biologique développée en grandes cultures
»

Associé à la lutte chimique, le désherbage mécanique représente un levier intéressant et permet dans certaines situations de réduire les quantités de produits phytosanitaires. Jean-Marc Soula utilise avec satisfaction depuis 12 ans une bineuse en Cuma: efficacité du desherbage, aération de la terre, meilleure pénétration de l’eau, incorporation de l’azote....

Mais ce n'est pas toujours réalisable. Les sols très caillouteux de la vallée de l'Ariège (grausses) sont par exemple un véritable frein au développement de telles techniques.

Là encore, les meilleurs résultats se trouvent dans la combinaison de techniques.

Le raisonnement de la fertilisation a été expliqué ( analyses de sol régulières, équilibre de la fertilisation azotée à la parcelle,  fractionnement des apports...).

«Tenir compte de tous les paramètres c’est certes complexe, mais réfléchir nos pratiques, progresser sans cesse, c’est aussi ce qui fait l’intérêt de notre métier» a conclu Boris.

Source: Chambre d'Agriculture de l'Ariège

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publié le: 16/07/2010 | 19:03 | Lu: 7704 fois