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Tuberculose Bovine: les élevages bovins ariégeois sous surveillance sanitaire
25/08/2010 | 19:07
© MidiNews 2010

Après le Fièvre catarrhale Ovine qui a décimé les troupeaux des éleveurs ariégeois en 2008, la profession est aujourd’hui touchée par une autre maladie contagieuse: la tuberculose bovine.

Dans les années 50, plus de 25% du cheptel français était atteint (soit 400 000 bêtes); depuis cette époque, de vastes campagnes de dépistage ont été mises en place et aujourd’hui on arrive à un taux de prévalence inférieur à 0,1% (soit de 60 à 100 cas par an).

Depuis les dix dernières années, le département de l’Ariège a détecté huit cas de tuberculose bovine, le dernier remontant à 2008 sur la commune du Fossat, entraînant l’abattage de 139 bêtes et la mise sous surveillance de 16 exploitations.

«En 2008, les troupeaux étaient isolés, indique Véronique Castro, directrice de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), alors qu’aujourd’hui dans le cas qui mobilise toute notre attention, il y a eu des mouvements de bétail importants»

Fin avril, une bête suspecte a été repérée aux abattoirs de Pamiers, elle venait d’un engraisseur de Mazères qui l’avait achetée à un éleveur du Mas d’Azil.

Des prélèvements sur les ganglions sont alors effectués et envoyés pour analyse à Toulouse.

Le laboratoire confirme la suspicion et les deux élevages sont mis sous surveillance sanitaire avant de réaliser une autre batterie de tests (pour savoir si les bovins sont porteurs ou non de la tuberculose).

La lecture définitive a lieu mi-juillet: les bovins sont donc positifs à la tuberculose, un arrêté d’infection est pris et les services de l’Etat doivent procéder, comme le prévoit la procédure, à l’abattage de tout le troupeau (en l’occurrence 83 bêtes).

Après expertise et contre-expertise pour évaluer le montant d’indemnisation, les services de l’Etat et l’éleveur se sont mis d’accord pour un montant qui correspond à 232 000 euros.

L’abattage sera réalisé en deux fois (1er lot en début de semaine et 2e lot la semaine suivante).

Aujourd’hui, comme l’indique Pierre Jabert, en charge du dossier santé publique à la DDCSPP, une enquête épidémiologique doit être menée pour déterminer les déplacements du troupeau de cet éleveur et les contacts qu’il aurait pu avoir avec d’autres animaux:

«Actuellement, la suspicion plane sur 12 élevages dont cinq de proximité […]
Cette maladie lentement contagieuse a la particularité d’avoir un délai d’incubation très lent pouvant aller de 6 semaines à deux ans […]

Pour le cas qui nous intéresse ici, la contamination s’est faite l’an passé, 12 élevages ont été testés, il semblerait qu’un élevage sur le même canton soit lui aussi fortement suspect, nous attendons des résultats définitifs vendredi […] dans ce cas il s’agit d’un cheptel de près de 500 bêtes !
»

80, 100, 200 bêtes voire davantage, c’est le travail de toute une vie qui disparait en quelques heures, une nouvelle épreuve pour les éleveurs ariégeois déjà considérablement affaiblis par la précédente épidémie de FCO, l’inflation du prix des céréales et les spéculations sur le prix de la viande.

Chaque année en France une trentaine de troupeaux sont abattus en raison de l’identification de cas de tuberculose bovine.
Les départements de la Côte d’Or, de l’Isère et de la Dordogne sont aussi actuellement touchés.

Ce matin, une conférence de presse avait lieu dans les bureaux de la DDCSPP afin de faire part des mesures d’urgence instaurées suite à ce cas de tuberculose bovine.

Il faut en retenir qu’il y a une très faible corrélation avec la tuberculose humaine.

La bactérie responsable de la tuberculose bovine peut infecter l’homme par consommation de lait cru d’une vache infectée ou par inhalation de gouttelettes infectieuses.

Bref elle ne représente chez l’homme que 0,5% des cas de tuberculose.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 25/08/2010 | 19:07 | Lu: 13322 fois