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Un projet de microcentrale hydro-électrique bloqué en vallée d'Ustou
20/12/2010 | 20:09
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On présente souvent l’hydroélectricité comme une énergie durable incontournable dans la lutte contre la production de gaz à effet de serre...

Pourtant, sur le terrain (et c’est là tout le paradoxe), la multiplication des projets d’installation de nouvelles centrales sur les rivières sont loin de faire l’unanimité, notamment chez les défenseurs de l’environnement.

Nouvelle manifestation de cette méfiance: la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé (fin novembre) l’autorisation donnée par le préfet de l’Ariège en 2006 à la société Prevu, de construire une microcentrale hydroélectrique à Ustou.

Un projet auquel s’étaient opposés le Comité Ecologique ariégeois et l’ADEPEVU (Association pour la Défense et la Protection de l’Environnement en Vallé d’Ustou).

Après avoir été une première fois rejetée en août 2009, leur demande vient de trouver écho auprès de la justice.

La Cour a en effet estimé que dans ce cas précis, «les modifications apportées au régime hydrologique sont de nature à porter atteinte en particulier aux espèces les plus fragiles présentes ou susceptibles d’être présentes»

Dans la vallée d’Ustou, deux cours d’eau étaient concernés: l’Escorce et l’Ossèse.

Et les aménagements proposés par la société exploitante (prises d’eau par en dessous, passe à poisson par bassins successifs) n’ont pas été jugés suffisants pour protéger leur écosystème.

Dans la mesure où un barrage constitue un obstacle physique à la circulation des espèces et des sédiments, il est accusé en quelque sorte de «court-circuiter» les cours d’eau.

Et donc de menacer certaines espèces protégées, telles que le desman des Pyrénées, l’euprocte des Pyrénées et le triton palmé.

De même, un autre cours d’eau dépend directement de l’Escorce et l’Ossèse: l’Alet.

Ces arguments semblent avoir été entendus.

Et dans un communiqué, le Comité Ecologique Ariégeois se réjouit et «se félicite de ce jugement qui aura pour conséquence d’empêcher la réalisation de projets dévastateurs du milieu aquatique très fragile»

L’Etat a même été condamné à verser 3000 euros en tout au Comité écologique, à l’ADEPEVU et à la Fédération Départementale de Pêche.

Cette décision de justice est notable, dans la mesure où un nouveau classement des cours d’eau du département est en ce moment même en cours d’élaboration.

Il devra être établi d’ici la fin de l’année 2011, pour entrer dans le moule du code de l’environnement.

Les 2 rivières concernées par la décision du tribunal ont déjà été classées comme étant en «très bon état écologique» par le schéma d’aménagement des eaux Adour Garonne.

Une mention qui, dans les nouvelles règles, implique qu’aucun ouvrage (s’il constitue un obstacle à la «continuité écologique») ne pourra être établi.

actualites Ariege
auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 20/12/2010 | 20:09 | Lu: 13013 fois