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Agriculture: les grands enjeux de 2011
21/01/2011 | 21:00
Crédit photo: C. Ceccheti

Bien que Bruno Lemaire ait fait de l’élevage son dossier prioritaire pour les prochains mois, les enjeux pour 2011 à la veille de la réforme de la PAC seront nombreux, tant sur le plan international avec le maintien du cours élevé des céréales, la régulation des matières premières ou les négociations pour la viande bovine, que dans le contexte national avec la filière laitière, la difficile application de la loi de modernisation ou l’agriculture biologique.

Les politiques et les syndicalistes devront réfléchir à ces grands enjeux tout en préparant une échéance plus politique cette fois: les élections aux chambres d’agriculture qui, hasard du calendrier, tomberont tout comme les élections présidentielles… en 2012.

2011 en quelques points:

Politique Agricole Commune

Selon le commissaire européen Dacian Ciolos qui espère parvenir à un accord politique en 2012, ce sera «une année cruciale» pour la PAC.

Le débat est lié au cadre financier que les vingt-sept établiront pour l’avenir.

Les négociations risquent d’être difficiles car d’ores et déjà les dirigeants de cinq Etats membres (France, Allemagne, Finlande, Pays Bas, Royaume-Uni) ont appelé au gel du budget.

Cela n’empêchera pas «la Commission de Bruxelles d’élaborer des propositions pour rendre notre politique plus compréhensible et mieux préparée aux défis alimentaire, environnemental et territorial» confirme le commissaire à l’agriculture.

Loi de modernisation

La fameuse LMA (loi de modernisation de l’agriculture) voulue par Nicolas Sarkozy, portée par Bruno Le Maire, a été votée en juillet 2010 et la «boite à outils» censée moderniser l’agriculture française devrait se mettre en place en 2011.

Parmi les mesures emblématiques: le renforcement des interprofessions et des producteurs dans leur filière, la gestion des risques avec la création de fonds de mutualisation, la contractualisation entre les agriculteurs et les acheteurs ou encore la maitrise du foncier au travers d’un système de taxation lors de la modification d’usage de terres agricoles… un programme ambitieux pour cette loi qui devrait faire date.

Régulation des matières premières

Depuis novembre 2010 et pour un an, la France préside les sessions du G20.

Parmi les objectifs prioritaires de Nicolas Sarkozy, la fluctuation des matières premières, agricoles ou non, soumises ces dernières années à une importante volatilité des cours.

Bien que Bruno Le maire multiplie ses voyages en Chine, Russie ou en Inde, il n’est pas certain qu’un consensus puisse être atteint surtout à l’heure où l’alimentation redevient une donnée stratégique dans les échanges mondiaux.

Le Grenelle de l’Environnement

Le ministre de l’agriculture plaide pour «une pause en matière de règles environnementales» qui ont tendance à asphyxier les agriculteurs plutôt qu’à les aider dans leur travail.

Pour autant, on attend pour le printemps un certain nombre de mesures phares comme l’agrément des utilisateurs de produits phytosanitaires devant le Conseil d’Etat.

Les chamboulements de la filière laitière

A peine remise de ses difficultés de 2009, la filière laitière devrait connaitre en 2011 un certain nombre de changements: la contractualisation entre producteurs et transformateurs devrait devenir effective au printemps (le décret est passé au conseil d’Etat) et la gestion des quotas devrait désormais se faire par bassin de production et non plus par département (ce qui devrait bouleverser les habitudes des éleveurs laitiers).

Des tensions risquent de se faire ressentir.

Céréales

Le marché céréalier risque d’être tendu en 2011: baisse de 39% des stocks par rapport à 2009/2010, conditions climatiques pénalisant les récoltes de l’hémisphère sud (qui en principe servent de variable d’ajustement), prolongation de l’embargo russe jusqu’à l’été, corrélations entre les marchés financiers et ceux de l’énergie qui font flamber les prix des céréales… autant de raisons pour amplifier la hausse des cours.

Année charnière pour les OGM

Bruxelles propose aux Etats de pouvoir interdire la culture OGM sur tout ou partie de leur territoire «à condition que ces mesures soient fondées sur des motifs autres que ceux liés à l’évaluation de l’effet néfaste sur la santé et l’environnement»

Un projet qui est loin de faire l’unanimité au sein des Etats membres.

En France, la mise en application de la loi de 2008 a pris du retard et le décret définissant le «sans OGM» devrait voir le jour au premier semestre.

Agriculture biologique

Parvenir à cultiver 6% des surfaces agricoles en bio en 2012… tel est le défi lancé par le plan Barnier.

Il devient encore plus difficile à relever du fait de la baisse des crédits d’impôts imposés par la loi des finances 2011 (les crédits sont purement et simplement divisés par deux).

Si l’année 2010 était une année spectaculaire en termes de conversions, sans pour autant satisfaire la demande, un ralentissement pourrait être enregistré en 2011.

Reprise sur la forêt

Elle s’est confirmée en 2010 et les experts estiment que les prix devraient être orientés à la hausse.

Ce qui fait dire à François Toulis, président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, que «la forêt doit être perçue par les agriculteurs comme une source de revenus supplémentaires» (la surface boisée du département de l’Ariège représente 201 000 ha et les agriculteurs constituent à eux seuls 7% des propriétaires forestiers pour 20% de cette surface).

Un programme a été lancé en 2010 par la chambre consulaire pour les aider à valoriser leurs parcelles.

(Source des données chiffrées: Agrapresse)

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 21/01/2011 | 21:00 | Lu: 12130 fois