Les éleveurs porcins ont manifesté hier à Paris leur désarroi d’une filière qui proteste contre la flambée des coûts de production et la baisse vertigineuse du cours des prix du porc motivée par la crise de la dioxine en Allemagne.
Loin du bruit de la capitale, Flavien Rivière a fait le choix d’élever des porcs en montagne et pas n’importe lesquels: des porcs gascons, une race rustique adaptée à un milieu exigeant.
«Cela peut paraître saugrenu dans le paysage local où l’on ne rencontre que des brebis tarasconnaises ou des vaches gasconnes mais cette race est adaptée à la région et mérite de par ses qualité gustatives que l’on s’intéresse à elle» explique cet agriculteur qui après avoir fait le tour de France comme tailleur de pierre, à fait, comme son père et son grand-père, ce choix de vie.
Alors que les anciens ont déserté le pays pour trouver du travail à Bordeaux ou Toulouse, Flavien et Isabelle ont décidé de s’installer dans la vallée de la Courbière il y a une vingtaine d’années.
«Il y a peut-être des difficultés mais nous sommes viscéralement attachés à ce territoire qui a un réel potentiel»
A Gourbit à plus de 800m d’altitude, on est loin des élevages bretons extensifs ou de la crise de la dioxine, les animaux sont élevés «sur parcours» (en plein air) sous des châtaigniers.
Pour autant, notre éleveur rencontre d’autres problèmes: le foncier en montagne est rare, les parcelles sont difficile d’accès, les aides inexistantes.
«Le cochon en plein air n’est pas considéré comme de l’élevage […] il y a un vide sidéral, on ferait des escargots ce serait pareil.
Pas de prime, la PAC ne nous concerne pas et quand les coûts de production augmentent, on essaie de ne pas répercuter les prix sur les consommateurs (nous faisons exclusivement de la vente directe).
Ici en montagne, on ne peut pas faire pousser de céréales, alors nous avons été obligés de faire de la pomme de terre de consommation que l’on vend pour alimenter correctement notre cheptel de 200 bêtes en orge, pois, maïs ou colza [...]
Il faut 18 mois pour engraisser correctement un cochon gascon […]
Nous transformons une cinquantaine de bêtes par an, nous avons investi dans un labo (un investissement lourd que nous remboursons progressivement) et un point de vente […]
Depuis le début, nous avons la volonté de travailler propre, nous pouvons prétendre au label bio, nous faisons partie du réseau bienvenue à la ferme et notre exploitation a été classée à la demande du préfet»
Le travail ne fait pas peur à cet éleveur qui est obligé plusieurs fois par jour d’emprunter avec sa brouette un étroit sentier pour accéder à son exploitation:
«Je n’ai pas le choix, c’est un chemin municipal qui dessert mon élevage […] cela fait partie des charmes de la montagne !»
Une entrave supplémentaire au développement de son exploitation.
Aujourd’hui encore, Flavien ne vit pas de son travail à la ferme: «à la belle saison je fais le maçon dans la vallée et mon épouse à trouvé un mi-temps à Saurat pour arrondir les fins de mois […]
Mais nous ne sommes ni marginaux, ni utopistes, nous voulons faire vivre notre montagne et continuer à vivre ici»
Ferme de Mallière
Elevage de porcs gascons
Point de vente place du village: tél 05 61 03 59 46
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