Les parcs photovoltaïques au sol ont longtemps été présentés comme de dangereux consommateurs de terres agricoles.
La production d’une énergie verte entrait alors en contradiction avec la protection des espaces agricoles.
Dur dur de s’y retrouver.
Aujourd’hui, un «mix» des deux est de plus en plus couramment envisagé.
Il n’y aurait donc pas d’amour impossible entre le solaire et l’agricole...
En gros, des activités d’apiculture, de maraîchage ou de pastoralisme peuvent coexister sur plusieurs hectares avec des panneaux photovoltaïques qui eux, produisent de l’électricité.
C’est le cas d’un projet «agri-solaire» mené par la société Juwi en gestation à la Tour du Crieu.
Il y aurait cohabitation de trois activités: élevage ovin, maraîchage biologique et bien sûr production d’énergie électrique.
Alors comment l’élevage peut-il cohabiter avec des panneaux photovoltaïques?
Les panneaux seraient situés suffisamment haut (avec une faible emprise au sol) pour que des animaux puissent circuler, avec un certain nombre d’aménagements comme la protection des câbles.
La végétation pourrait elle aussi pousser normalement.
«Les moutons permettront l’entretien naturel de l’espace, ce qui nous évite d’intervenir mécaniquement» ajoute Jean Labaste, responsable Projets et Territoire (Juwi).
Le site concerné (appartenant à un propriétaire privé) se trouve sur le lieu-dit «Le Fort de Rouminguere» avec une surface totale de 7,5 ha (5,5 ha pour le solaire/ovin, 2 ha de culture maraîchère).
Un éleveur ovin est intéressé pour disposer de la parcelle.
Pour ce qui est du maraîchage, l’entreprise entend entrer dans le réseau des «Cantines de Terroir»
Et collaborer avec le centre de formation du CFPPA, intéressé pour disposer des terres maraîchères à des fins pédagogiques.
Avec pourquoi pas, une reprise des 2 ha par un élève maraîcher souhaitant s’installer après les études.
Le Conseil municipal a déjà donné un avis favorable. Seule absente des négociations: la chambre d’agriculture qui boude toujours ces projets de centrales solaires au sol.
De son côté, la société Juwi planche depuis 2009 sur ce projet qu’elle présente comme «exemplaire»
«Ce n’est pas un projet agricole qui est venu se greffer sur le projet solaire. Les deux aspects ont été bâtis de façon cohérente depuis le début» assure Jean Labaste.
Il faut dire que devant la multiplication parfois inquiétante de centrales solaires au sol, la loi a (dès 2009) mis un coup de frein.
Dans un décret du l’ex-ministre Borloo, il est clairement spécifié que «les projets de centrales solaires au sol n'ont pas vocation à être installés en zones agricoles, notamment cultivées ou utilisées pour des troupeaux d'élevage»
Puis, dans la Loi de Modernisation de l’agriculture publiée en juillet 2010, un autre texte «précise que les projets de parcs peuvent être acceptés dans la mesure où ils sont compatibles avec des activités agricoles», comme l’explique Jean Labaste.
Les entreprises du secteur photovoltaïque ont donc dû logiquement s’adapter à cette nouvelle donne.
Le permis de construire pour La Tour du Crieu n’a pas encore été attribué. La demande vient d’être déposée en préfecture.
Mais si le projet est accepté par les services de l’Etat, il pourrait bien voir le jour d’ici 2013 ou 2014.
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Un des plus grands Parcs Photovoltaïque de Midi-Pyrénées en Ariège

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