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Sur les traces du loup dans le massif du Carlit
25/02/2011 | 19:51
© MidiNews 2011
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N’en déplaise à ceux qui criaient déjà au loup avant même d’en avoir vu le bout de la queue… il y a fort peu de chances d’en rencontrer un en traversant la forêt de Bélesta.

Pour lever les zones d’ombres, nous avons rencontré Alain Bataille, animateur du réseau du suivi loup sur les départements des Pyrénées Orientales, de l’Ariège et de l’Aude.

Car si le loup, après une absence dans les Alpes françaises d’une soixantaine d’années, a progressivement recolonisé au début des années 90 le massif à partir de la chaine des Apennins, du fait de l’augmentation de sa population et de son pouvoir de dispersion, il a gagné rapidement les Pyrénées (premières observations dans le massif du Madre en 1995).

«On a commencé à détecter sa présence dans les années 99, explique Alain Bataille. On a mis alors en place le réseau loup sur les trois départements Aude, Ariège et PO en 2006.

Très rapidement, nous avons formé des gens pour intégrer ce réseau et des sentinelles sur le reste de la chaîne Pyrénéenne capables de détecter éventuellement l’arrivée du loup sur les autres départements
»

Ce réseau permet un suivi transfrontalier, car l’espèce s’affranchit des frontières et une collaboration franco-espagnole s’est naturellement imposée (côté Carlit pour la France et Campcardos pour l’Espagne).

«Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les loups détectés côtés français ou catalan proviennent bien de la population italo-alpine, poursuit le technicien de l’ONCFS.

La partie orientale de la chaine des Pyrénées est à la même distance des populations ibériques que celle des populations italo-alpines»

Malgré les fantasmes qui ont pu avoir cours ces derniers mois, «le loup est présent depuis 1999, une présence continue pas forcément sur tout le massif mais sur l’ensemble des départements concernés.

Il y a très peu d’animaux (deux individus ont été observés sur le Carlit, puis un seul), mais ce sont des animaux dispersants ou en phase de colonisation.

A ce jour nous n’avons pas trouvé d’indices de reproduction […] Le loup a franchi les portes de l’Ariège, il ne s’arrête pas aux frontières administratives et l’extension du massif du Carlit à l’Ouest c’est la vallée d’Orlu […]

Il est présent en Ariège mais pas de façon continue […] c’est un individu isolé, probablement le même observé que dans les Pyrénées Orientales.

Il n’y a pas de meutes, pas de groupe établi ni de détection de reproduction à ce jour
»

Un phénomène isolé qui pour autant est observé à la loupe.

La France, de par son plan d’action national (que ce soit pour l’ours ou le loup), a mis en œuvre un suivi scientifique spécifique permettant d’estimer le nombre des loups, évaluer l’état de conservation de l’espèce, connaître l’aire de répartition, évaluer les possibilités d’intervention sur la population de loups.

«Nous suivons actuellement le protocole du suivi hivernal, nous réalisons sur le terrain des collectes, on suit l’animal par des indices indirects de présence (pistes, observations visuelles, proies, fèces, urines, prédations sur animaux domestiques […]

Il existe un suivi estival qu’il nous arrive de déclencher en zone de présence permanente (ZPP) pour éventuellement détecter les indices de reproduction ou la présence de meute
»

Quant aux constats de dommages après prédation, ils sont examinés par les directions départementales des Territoires (DDT) de chaque département qui valident ou pas:

Ce sont des constats mixtes ours/loup (les deux espèces sont présentes sur le massif): «soit on peut écarter la présence du prédateur, soit on ne peut pas l’écarter.

Dans la mesure où on l’écarte il n’y a pas d’indemnisation. Par contre si on n’est pas capable d’écarter la responsabilité du loup (ou de l’ours), ces constats sont indemnisés au bénéfice du doute
»

Aujourd’hui, le réseau ne manque pas de moyens humains, les candidats sont motivés, de quoi réjouir Alain Bataille qui pourra continuer à réaliser le suivi loup dans de bonnes conditions.

Pour en savoir plus:
http://www.developpementdurable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=13150

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 25/02/2011 | 19:51 | Lu: 17469 fois