Lieutenant de louveterie, une corporation qui a traversé les âges
24/03/2011 | 20:20
© MidiNews 2011
sur le même thème
sanitaire Tuberculose: résultats du suivi sanitaire sur le gibier et la faune sauvageTuberculose: résultats du suivi sanitaire sur le gibier et la faune sauvage

Créé en France par Charlemagne en 812 pour protéger les habitants et leurs élevages contre les loups, le corps des lieutenants de louveterie existent toujours, bien que ses missions aient été modifiées et adaptées aux temps modernes car si les loups ne sont plus aux portes des villes, les nuisibles font souvent beaucoup de dégâts chez les agriculteurs ou les particuliers.

Ces agents bénévoles nommés par le préfet sur proposition du directeur départemental de l’agriculture et de la forêt (DDAF) et sur avis du président de la fédération des chasseurs, sont des agents assermentés, capables de dresser contraventions et d’organiser des battues administratives.

Leurs missions depuis le IXe siècle ont heureusement évolué, ils constituent désormais de précieux conseillers techniques, chargés de veiller à l’équilibre de la faune, à la régulation des nuisibles et à l’abattage des animaux sauvages infectés par la rage.

Ils sont aussi consultés dans le cadre des schémas départementaux de la chasse, ont pour mission de lutter contre le braconnage et un rôle de conciliateur dans le milieu agricole.

Il va s’en dire que le louvetier doit avoir une connaissance certaine du milieu cynégétique dans lequel il évolue…

Derrière ce titre un peu désuet, il y a un homme (ou une femme, elles sont deux en Ariège) que nous avons suivi dans sa mission.

Jean Guichou, lieutenant de louveterie du canton de Varilhes, effectue plusieurs fois par an, sur mission préfectorale, des rondes nocturnes destinées à réaliser quelques prélèvements.

L’arrêté préfectoral est pris lorsque les services de l’Etat estiment que les dégâts occasionnés aux particuliers ou au monde agricole (destruction de cultures, d’animaux ou de biens) sont trop importants, quand la santé publique ou l’équilibre de certaines espèces sauvage sont menacés.
Le louvetier est en relation avec l’ACCA locale pour effectuer ces prélèvements (renards et blaireaux).

Mardi soir à 21h, rendez-vous chez André Lago, président de l’ACCA de Montégut Plantaurel, qui va profiter de cette sortie nocturne pour réaliser un comptage nocturne au phare, permettant de relever le nombre d’espèces et les populations présentes sur son territoire.

Cette méthode indiciaire (elle est complétée par des comptages au chant pour les oiseaux, au brame pour le cerf) est nécessaire à l’élaboration du schéma départemental de chasse qui indique au début de chaque saison de chasse combien d’individus pourront être prélevés par les chasseurs pour ne pas altérer l’équilibre naturel.

Ces opérations de comptage sont habituellement réalisées entre janvier et mars, période où l’espace agricole est davantage accessible.

Deux chasseurs, à l’arrière d’un véhicule, orientent les faisceaux de leurs lampes, et c’est sur un itinéraire de plusieurs kilomètres, pendant plusieurs heures, que l’on relève le nombre d’individus et les espèces rencontrées.

Quand un renard ou un blaireau ont le malheur de traverser le halo de lumière, le lieutenant de Louveterie ne fait pas de quartier, il est abattu illico.

Les blaireaux seront analysés par le laboratoire vétérinaire départemental dans le cadre du suivi sanitaire de la faune sauvage dans le périmètre où le foyer de la tuberculose bovine a pu se développer en 2010.

Après trois heures de patrouille, la mission s’achève par un bilan plutôt satisfaisant: 4 renards et 4 blaireaux ont été prélevés.

Les comptages réalisés font état de la richesse du patrimoine cynégétique du département de l’Ariège.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 24/03/2011 | 20:20 | Lu: 13460 fois