Le 21 décembre 2010 vers 18h30 dans une petit village de la Drôme, des coups de feu retentissent.
Un agriculteur, président du syndicat des Jeunes agriculteurs, trufficulteur de père en fils, vient d’abattre un homme qu’il pense être un voleur de truffes.
Et pour Hervé Péloffi, président de la FDSEA en Ariège, ce fait divers dramatique est symptomatique.
Et il le décrit comme un cas désespéré, «il y avait des vols. Ils ont fait des tours de garde armés parce qu’ils avaient peur.
Et ça s’est mal passé. L’agriculteur n’est pas accusé de légitime défense mais de crime»
Un scénario qui selon lui, pourrait se reproduire si rien n’est fait, «aujourd’hui, je ne veux pas voir ça dans mon département.
Il faut qu’il y ait une prise de conscience et une sévérité extrême pour ceux qui sont pris»
Dans les exploitations agricoles, on vole quotidiennement des cannes d’irrigations, des clôtures, des batteries, des câbles électriques, des pommes de terres, des agneaux...
Avec une nouvelle mode: celle de subtiliser l’essence des tracteurs ou des moissonneuses batteuses, dont le réservoir fait environ 600 litres.
Il n’y a plus qu’à faire le calcul. Avec plus de 700 € en poche pour le siphonage d’une moissonneuse, plus d’un se laissent tenter.
Les vols sur les exploitations ont toujours existé. Mais selon Hervé Péloffi, ils sont en augmentation.
Première raison: il y a de moins en moins de salariés présents sur les exploitations. Avec moins de présence humaine, la place est libre.
Et il ajoute, «on est dans une société où voler des pommes de terre sur un champs qui fait un hectare, ça parait tellement dérisoire que les gens ne se posent pas de questions»
Et la prise de conscience doit venir des agriculteurs eux-mêmes, «certains ne se rendent pas compte que quand on leur propose du matériel tombé du camion, un poste de clôtures d’occasion venant de quelqu’un qui n’est pas agriculteur, il faut se poser des questions et ne pas se tourner vers la facilité.
C’est comme se tirer une balle dans le pied !»
Il est difficile de quantifier le phénomène dans la mesure où peu d’exploitants vont porter plainte.
Et le sentiment d’impunité est général. Selon l’agriculteur, «notre travail est souvent saccagé par des vols, qui sont à 99% impunis»
Aujourd’hui, le syndicat agricole veut tirer la sonnette d’alarme pour éviter que des agriculteurs soient tentés de se faire justice eux-mêmes.
Une rencontre est prévue avec le préfet le 12 avril pour aborder le problème.
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