Pour Gérard et Marie-Pierre Sans installés sur la commune de Castelnau Durban, l’agriculture c’est avant tout une passion commune…
Gérard a repris l’exploitation familiale de bovins viande et a ensuite racheté une ferme laitière.
Aujourd’hui pas le temps de s’ennuyer, il gère les 140 ha de l’exploitation, 40 laitières et 65 vaches à viande (sans compter le renouvellement).
Un métier exigeant où l’on ne compte pas ses heures: «j’ai encouragé mon épouse dans ce projet car en 2006 il y a eu un grave crise dans le lait, nous avons pensé que la meilleure façon de faire de la plus value était encore de produire, transformer et vendre nos produits laitiers»
Marie-Pierre n’a pas hésité à reprendre ses études pour se lancer dans l’exploitation laitière: «je suis fille d’agriculteur et mes parents avaient des laitières |…] je connaissais un peu le métier !»
Elle s’aperçoit très vite que la vente du lait n’est pas rentable et au lieu de penser à se diversifier dans le fromage comme la plupart des producteurs ariégeois, elle décide de faire des yaourts:
«Le projet était à l’étude depuis 2000 mais par manque de moyens (la mise aux normes et le matériel sont très onéreux malgré les aides) il est resté en gestation jusqu’en 2006 où j’ai eu l’opportunité de trouver du matériel d’occasion et la chance de décrocher notre premier marché avec le Conseil général de l’Ariège qui mettait en place à ce moment là le repas ariégeois»
Depuis, le Gaec s’est agrandi, Evelyne, la belle sœur, s’occupe depuis 1999 des tournées (lait cru et yaourts) et la production s’élève aujourd’hui à 340 000 yaourts par an (60% de la production est destinée aux collectivités, 15% aux grandes surfaces et le reste est écoulé en vente directe à la ferme).
Mais il n’y a pas de miracle, le succès de cette petite entreprise artisanale réside dans le travail et la rigueur: «nous sommes très pointus sur la traite, il y a une validation tous les mois […] le lait trait est aussitôt mis en pot !»
Le lait encore chaud est pasteurisé à 90°c puis Marie-Pierre ajoute les ferments lactiques, le sucre et éventuellement le parfum.
Le tout est ensuite mis en pot et placé plusieurs heures dans une étuve à 43°c.
Le temps de la cuisson influe sur l’acidité du produit et depuis le départ notre productrice a pensé aux enfants avec un produit «qui ne pique pas»: «c’est le meilleur des publics car avec la panoplie de produits laitiers qu’ils ont dans les grandes surfaces, c’est une énorme satisfaction de voir qu’ils ont tout de suite accepté nos produits»
Des produits 100% naturels (sans conservateurs ni additifs) réalisés avec des extraits naturels: au début, pendant les trois premières années, la gamme s’est limitée aux yaourts natures, natures-sucrés et vanille.
Face à la demande, elle s’est élargie au café et au citron, soit cinq catégories qu’il faut gérer au quotidien en matière d’approvisionnement: «quand un collège me demande cinq parfums, il faut être capable de les fournir et d’être bon sur les cinq parfums […] c’est un métier où on n’a pas le droit à l’erreur»
Pour Marie-Pierre il faut toujours aller de l’avant et avoir des projets; aussi après plusieurs mois de recherche, elle vient de mettre au point une confiture de lait, en vente depuis le début de la semaine:
«Notre objectif c’est de bien travailler nos produits, fidéliser notre clientèle et essayer de trouver des projets qui coûtent le moins possible en matière de matériel […]
Dans quelques temps, nous lancerons à petite échelle une gamme de faisselles et de tommes»
Lors du dernier Salon de l’Agriculture à Paris, le yaourt fermier nature du Gaec de la Buscaillère a reçu la médaille d’argent du concours agricole dans cette catégorie.
Une récompense qui couronne le travail réalisé par Gérard, Marie-Pierre et Evelyne et qui les encourage à continuer dans cette voie.
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