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Le débardage à cheval: retour à la nature
14/04/2011 | 20:58
© MidiNews 2011

Le printemps est arrivé jusqu’au Biros; les touches acidulées des premiers bougeons et les notes fleuries des fruitiers redonnent des couleurs aux paysages dominés par le pic de Maubermé encore enneigé.

Véronique Maurin, agricultrice sur la commune de Bonac-Irazein, n’a pas choisi au hasard cette vallée du Couserans où les maisons aux toits d’ardoises sont accrochées aux pentes des montagnes.

Elle s’est spécialisée dans le débardage à cheval, une technique traditionnelle pour travailler en forêt, pour des chantiers délicats, dans des endroits inaccessibles aux machines.

Après des études de botanique et d’écologie, c’est un stage dans le Limousin qui permet à cette jeune femme de découvrir cette activité de débardage à traction animale…

La magie a tout de suite opéré car la relation homme-cheval est intense dans ce type d’activité basée sur la confiance et la conduite des chevaux requiert une grande technicité tant au niveau du dressage («à la voix et au cordeau») que pour le transport des arbres abattus.

Véronique s’est lancée dans le débardage à cheval en 1998: «c’est un métier dur car les chantiers d’abattage ont lieu quand il n’y a pas de sève dans les arbres en hiver.

C’est davantage une activité passion qui correspond à un choix de vie avec un fort rapport à la nature et une belle relation qui se construit avec le cheval
»

Une activité encore marginale mais qui commence à intéresser les propriétaires forestiers pour réaliser des éclaircies dans des endroits peu accessibles par les engins motorisés.

Un métier exigeant, car même si c’est la jument qui tire, il faut tout de même marcher et souvent toute la journée, sur des terrains irréguliers: «c’est à cause du cheval que j’en suis arrivée là mais il faut aussi beaucoup aimer la forêt car le cheval n’est pas qu’un outil […]
On transpire ensemble cela crée des liens de complicité […]

J’ai peu de chantiers avec l’ONF pour qui l’activité est encore marginale et peu rentable, ce sont plutôt des particuliers qui font appel à moi, les gens veulent de plus en plus travailler propre
»

Notre agricultrice milite également pour l’utilisation des chevaux de ferme qui pourraient reprendre du collier et retrouver leur utilité sur les exploitations: la traction hippomobile permet de déplacer les citernes, de travailler en sylviculture, en maraîchage…

Il suffit pour cela de les dresser: «ici, nous sommes sur des exploitations de montagne, difficilement accessibles, le cheval constitue une avancée car tout se fait à la brouette !»

Aujourd’hui, Véronique possède trois comtoises, des chevaux lourds (800kg au collier). Bien qu’elle poursuive cette activité de débardage, elle s’oriente davantage vers la formation, le dressage et le transfert d’un savoir-faire.

Justement, Olivia vient de décrocher son Brevet Professionnel Responsable d'Exploitation Agricole et réalise un stage pour apprendre à travailler avec les chevaux.

«Ils sont calmes et puissants à la fois, ils respectent l’environnement […] Il faut travailler sur soi pour que ça se passe en douceur et en sécurité.

Je n’ai pas encore décidé dans quelle voie m'orienter mais ce sera avec des chevaux
» explique la stagiaire qui va compléter son expérience avec l’utilisation du cheval dans les vignobles.



Journée Nationale d'Attelage de Loisir

On pourra retrouver Véronique dans le cadre de la huitième édition de la Journée Nationale d'Attelage de Loisir (JNAL) qui se déroulera le 17 Avril prochain au centre équestre de la Barre à Engraviès (commune de Dun).

Contacts et renseignements:
Drouet Guy (président des attelages d’Ariège)
05 61 02 96 54
ass.att.ariège@orange.fr

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 14/04/2011 | 20:58 | Lu: 13382 fois