Quel week-end! En un seul jour, Christian Dedieu, éleveur sur la commune de Montjoie en Couserans a vu son travail récompensé par ses pairs à la Foire de Printemps de Mazères par un prix d’excellence viande et au concours régional de Bétaille dans le Lot où il a décroché un premier prix avec Cardinale, une vache suitée.
Des récompenses qui viennent couronner le travail d’une vie.
Celle de cet éleveur qui dans les années 70 reprend l’exploitation familiale et s’oriente résolument vers l’élevage de limousines, une race rustique qui conjugue aptitudes bouchères et qualités maternelles.
Si bien qu’aujourd’hui la génétique de cette vache est réputée dans le monde entier.
Le cheptel est de 13 000 mères dans le seul département de l’Ariège.
Christian Dedieu à la tête d’un troupeau d’une centaine de mères (et de six taureaux) a fait le choix de miser sur la qualité en améliorant les aptitudes de ses vaches par sélection:
«Nous adhérons à la centrale de performance de la chambre d’agriculture, nos bêtes sont inscrites au Herd-Book (registre généalogique recensant les individus d'une race donnée) et nous travaillons en relation avec la station nationale de Lanaud, le berceau de race, situé près de Limoges pour essayer d’améliorer les performances des bêtes, notamment au niveau du poids et du développement de la masse musculaire.
On trouve auprès de tous ces techniciens un appui efficace et grâce à ce réseau puissant, nous sommes en relation avec tous les meilleurs professionnels de la race»
Une race que l’on retrouve désormais sur tous les continents, la limousine s’exporte bien et ce n’est pas notre éleveur ariégeois qui nous dira le contraire car la sélection provenant de la ferme des Thibault est présente jusqu’au Portugal où M. Dedieu a vendu le taureau Chamaco, selon lui «un spécimen exceptionnel»
Une exploitation qui s’est également engagée depuis de longues années dans une «charte de bonnes pratiques», gage de bien-être pour les animaux et du respect de l’environnement.
Ici les bêtes sont valorisées: les veaux engraissés pour suivre la filière du label et certains d’entre eux sont sélectionnés pour être orientés vers la station nationale.
Des bêtes de concours mais aussi de futurs reproducteurs dont les embryons pourront être envoyés en Europe ou en Amérique Latine.
Sur cette exploitation de plus de 160ha rien n’est laissé au hasard, y compris la nourriture des limousines.
«Ici c’est une terre à orge et à blé, on fait le fourrage et les céréales pour nos vaches.
On y ajoute du colza et du soja pour les protéines» indique Christian Dedieu qui n’a pas attendu le Grenelle de l’Environnement pour s’engager dans une agriculture raisonnée.
Plus qu’un métier c’est une passion, qu’il a transmise à Sylvain un de ses enfants et qu’il n’hésite pas à partager avec les stagiaires du LEGTA de Pamiers ou d’ailleurs.
Si bien que d’ici quelques semaines Christian Dedieu s’installera en Gaec avec son fils, un jeune de 20ans qui n’a pas peur du travail et qui marche déjà depuis longtemps dans les pas de son père.
La relève est assurée.
Pour en savoir plus, www.limousine-ariege.com
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