Avec ses deux kilogrammes pour une envergure de 160cm, c’est le plus petit des vautours de la chaîne des Pyrénées.
Seul migrateur de l’espèce, il revient chaque année sur les mêmes sites de reproduction, souvent après avoir parcouru des milliers de kilomètres depuis sa zone d’hivernage en Afrique (à la frontière du Mali et de la Mauritanie).
Connu du grand public pour être un des seuls oiseaux à se servir d’un outil pour se nourrir (en Afrique, il sait casser les œufs d’autruche avec une pierre lâchée sur la coquille) ce vautour clair aux ailes sombres, contribue à l’élimination des bêtes mortes sur les estives de nos montagnes.
On retrouve également cet opportuniste posé sur les prairies, à la recherche d’excréments de vaches ou de brebis, d’insectes, de reptiles et de petits mammifères.
La situation du vautour percnoptère est préoccupante, il a subi un déclin supérieur à 50% depuis les dernières décennies, si bien qu’il bénéficie depuis 2002 d’un plan d’action ministériel en raison de ce statut précaire.
Parmi les 68 couples de vautours percnoptères localisés par le réseau LPO Pyrénées Vivantes, huit sont observés dans le département de l’Ariège et c’est avec Julien Vergne, ornithologue à l’Association des Naturalistes de l’Ariège (ANA) que nous nous sommes rendus sur le massif du Sourroque à Moulis dans le Couserans pour essayer d’aperçevoir cet oiseau discret.
Le site est protégé par arrêté préfectoral de protection de biotope à partir du 15 février jusqu’au 15 septembre, date à laquelle le vautour installe son nid, pond un ou deux œufs, élève les jeunes pour les emmener à l’envol en août.
Pendant toute cette période, tout dérangement soudain peut provoquer le départ des adultes, laissant l’œuf ou les jeunes à la merci des prédateurs.
Selon l’ornithologue, «historiquement le vautour percnoptère est d’abord arrivé sur la commune de Lacour avant de s’installer il y a une quinzaine d’année sur Moulis où il se reproduit.
Cette espèce est assez sensible au dérangement humain.
Il n’est pas du tout agressif dans sa manière de défendre son territoire: avec les oiseaux, y compris avec les parapentistes, il fait mine de raccompagner les intrus jusqu’aux limites de son territoire»
Julien Vergne assure le suivi de l’espèce et participe à la réalisation d’études scientifiques contribuant à mieux connaître cette espèce.
Il travaille activement à faire connaitre ce petit vautour ainsi que les enjeux de sa conservation car pour que cet élément du patrimoine pyrénéen revienne encore longtemps se reproduire chaque printemps en Ariège, chacun peut avoir un rôle à jouer.
Afin de sensibiliser tous les pratiquants de sports de pleine nature, notamment ceux qui partagent le ciel avec le percnoptère, le réseau Pyrénées Vivantes (auquel adhère l’ANA) a édité une plaquette de sensibilisation («Ascendances durables») et réalise des manifestations en direction des professionnels du loisir de pleine nature mais également du grand public.
Ainsi chaque année à lieu au mois d’avril, «Le Printemps du Percnoptère», une série d’animations gratuites (balades nature, expositions, conférences, soirées contées) sur toute la chaînes des Pyrénées afin de faire découvrir au plus grand nombre ce vautour à la silhouette blanche et noire, et au vol léger.
Crédits photos: Bruno Berthémy - Emmanuel Demoulin
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