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Session de printemps à la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
27/04/2011 | 21:08
© MidiNews 2011

C’est la première de l’année 2011, la plus dense puisqu’il s’agit d’examiner au cours de cette réunion le rapport des activités 2010 de la chambre consulaire, de valider les comptes financiers et d’aborder un certain nombre de questions d’actualité.

Concernant le rapport d’activité, les représentants du milieu agricole ne se sont pas départis de leur ambition de créer et garder le maximum de valeur ajoutée en Ariège.

Pour illustrer leurs actions, plusieurs programmes ont été évoqués:

-La filière fromagère en Couserans

Avec la nécessité de passer du statut de producteur de matière première à celui de producteur de lait cru.

En 2010, des diagnostics laitiers ont été réalisés dans un certain nombre d’exploitations avec l’objectif affiché de sensibiliser les producteurs aux différentes phases de leur production (de la récolte des fourrages à la collecte du lait par les ramasseurs, autant de phases qui pèsent sur la qualité du lait cru) et de les aider à se réapproprier les bonnes pratiques en salle de traite.

Ce travail de diagnostic a été inspiré des pratiques réalisées dans les Alpes auprès de producteurs de fromage.

Un dossier en bonne voie vers une protection en «appellation d’origine protégée» (AOP).

-La filière végétale

Avec un focus particulier sur le phytosanitaire et la qualité de l’eau: un groupe pilote constitué par 14 agriculteurs en basse Ariège étudie les modalités des traitements phytosanitaires sur leur culture (protocoles de désherbages, références en matière de phytos, etc.).

Ce groupe pilote teste des solutions agronomiques de demain en travaillant sur des mesures de rotation de cultures, têtes d’assolement permettant de fixer l’azote, meilleure maitrise du désherbage mécanique.

Nos exploitations»

Ce programme a mis en avant l’augmentation des interventions de la chambre consulaire.

Et comme l’a indiqué Emmanuel Lecomte, directeur de la chambre consulaire: «nous avons remis les conseillers sur le terrain, cela nous a permis d’augmenter nos interventions de suivi, de conseil et d’accompagnement (contrats de suivi annuel, dossiers de subvention, accompagnement déclaration PAC…)»

Un focus particulier à été fait avec Agridiff, une action d’identification des exploitants en difficultés mise en place suite au plan de soutien exceptionnel à l’agriculture.

La particularité de cette mesure réside dans une méthode partenariale (DDT, CA09,CER, Coopératives, banques) permettant d’identifier les difficultés et de négocier un plan de redressement.

450 dossiers ont été déposés dans le seul département de l’Ariège et 350 ont été aidés (plan de redressement cosigné par tous les partenaires avec une visibilité à 5 ans).

Selon Emmanuel Lecomte, «la crise a touché tous les secteurs, que ce soit la période d’installation ou celle des réinvestissements où les exploitants se sont retrouvés avec des charges trop lourdes à supporter […] Nous travaillons pour pérenniser ce dispositif»

-Les hommes

Ce programme a largement évoqué le nouveau parcours à l’installation avec le plan de professionnalisation personnalisée (il prend en compte le projet du jeune et adapte les formations à son parcours).

Une trentaine d’installations ont été réalisées en 2010, chiffre assez faible qui peut s’expliquer par le manque d’attrait de la profession et pas assez de foncier disponible:

«Depuis plusieurs années, on assiste à des installations hors cadre familial sur des productions plus diversifiées (maraîchage, petits fruits, apiculture, vente directe) avec une assise financière moins importante»

-Communication

Ce dernier programme a évoqué l’image que souhaitait véhiculer la Chambre d’Agriculture pour une agriculture moderne en phase avec les attentes de la société.

Revenant sur l’évènement phare de l’année 2010, Equustur a permis de faire la promotion du tourisme équestre dans le cadre d’un partenariat européen.

Quant au compte financier 2010, le budget de fonctionnement s’élève globalement à 5 millions d’euros et la chambre consulaire enregistre un déficit de 135 000 euros qui peut s’expliquer selon son directeur par une baisse des subventions publiques (220 000 euros en moins en quatre ans).

Dans le même temps la réforme de l’Etat contraint la Chambre d’Agriculture de l’Ariège à verser davantage de cotisation à la chambre régionale (en 2010 la cotisation à augmenté de 75 000 euros):

«Nous avons des mesures à prendre pour que ce déficit ne soit pas récurrent» ajoute Emmanuel Lecomte qui estime avoir une situation financière saine (pas d’emprunt et à ce jour un fonds de roulement de 2,4M€).

Pour autant et face aux changements structurels qui s’opèrent et aux modifications de l’environnement institutionnel, les membres du bureau ont réalisé un travail de prospective qui s’inscrit dans le grand débat d’orientation, visant à pointer les priorités du monde agricole pour les années à venir.

Sous l’intitulé «Quelle chambre d’agriculture pour l’Ariège à l’horizon 2020 ?» ce document de travail dégage trois dimensions structurantes qui ont été évoquées en session:

-Une Chambre d’Agriculture résolument tournée vers le terrain et les agriculteurs
-Une Chambre initiatrice d’opportunités (de projets collectifs)
-Une Chambre présente au niveau régional pour que le département de l’Ariège compte en Midi-Pyrénées

Egalement à l’ordre du jour lors des questions d’actualité, les difficultés rencontrées par l’élevage bovin-viande car au-delà des problèmes de prix conjoncturels, les éleveurs sont confrontés à une envolée des charges (gas-oil, engrais, etc.) qui fragilise les exploitations.

Les grandes cultures qui représentent le troisième secteur de l’agriculture ariégeoise ont connu une passe difficile en 2009 et bien que l’on enregistre aujourd’hui une remontée des cours, ils sont d’une volatilité extrême pour les petits exploitants.

L’irrigation fait également l’objet des inquiétudes du monde agricole:

Cette année les réserves de neige sont peu importantes et le lac de Montbel est au plus bas… d’où la nécessité de réaliser le projet de déviation sur le Touyre afin de sécuriser le remplissage de Montbel.

Enfin, les problèmes liés à une urbanisation galopante préoccupent les agriculteurs ariégeois: «il y a deux ans, nous nous sommes mobilisés sur la charte départementale, précise François Toulis, président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège.

Certaines communes ont intégré la gestion de l’urbanisme et d’autres l’ignorent royalement […] c’est dommage car pour augmenter les surfaces constructibles on est capable de tout y compris du pire: bâtir sur des digues de protection en zone inondable !»

A la fin de la session, une subvention a été votée pour l’abattoir de Saint-Girons qui «présente désormais les assurances nécessaires» pour développer une activité pérenne.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 27/04/2011 | 21:08 | Lu: 9535 fois