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L'Agneau ariégeois vedette des fêtes de Pâques
27/04/2011 | 21:14
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Sur dix kilos de viande d’agneau, six sont importés d’Irlande, d’Angleterre ou pire encore de Nouvelle Zélande au terme d’un mois de voyage.

Une viande que l’on retrouve en majorité sous vide dans la grande distribution à des prix canons défiant toute concurrence (7euros pour le kilo de gigot néo-zélandais, 18 euros pour le français).

Il est vrai que dans cette île d’Océanie il n’est pas rare de voir des troupeaux de 10 000 brebis, élevées prioritairement pour le commerce de la laine, première source de revenu des exploitants agricoles ovins pour qui l’agneau est considéré comme un sous produit.

La France de son côté a perdu en quinze ans un tiers de sa production ovine.

Mais aujourd’hui, les éleveurs ont compris que pour bien vendre sa marchandise il fallait engraisser et réaliser de la plus value.

Aussi, certains producteurs du piémont Pyrénéen ont décidé de s’organiser en filière et travailler sur la qualité afin de valoriser leurs élevages et s’assurer une rémunération et un débouché régulier à l’année.

Christian Derramond est installé depuis 1988 à Saint Félix de Rieutord avec mille mères (des brebis tarasconnaises), quelques béliers croisés Montagne Noire, une race à faible effectif et il s’est orienté naturellement vers l’agneau label rouge.

«Il est vrai que le cahier des charges est strict mais on s’y retrouve à faire de la qualité» explique l’éleveur qui ne cache pas que le label lui rapporte 0,15 centimes par kilo de carcasse…

C’est peu et beaucoup à la fois car il sait qu’en adhérant à ce groupement de producteurs, il n’a pas de problème pour écouler ses bêtes.

Des agneaux de lait sevrés à 70 jours qui sont ensuite alimentés aux céréales.

Abattus entre trois et cinq mois maxi, leur viande est savoureuse: «elle n’a pas le goût fort de celle des agneaux d’estive» précise l’éleveur qui fait à peu près 1200 agneaux label rouge par an et ne craint pas la concurrence de l’agneau bas de gamme qu’il vienne de Nouvelle Zélande ou d’ailleurs.

«Il y a eu une grosse demande pour Pâques et c’est à flux tendu toute l’année car l’agneau français d’appellation est très recherché […] nous sommes le seul pays à faire respecter ces normes et faire cette qualité […]

Il faudrait pouvoir travailler différemment pour répondre à la demande toute l’année, arriver à dessaisonner un maximum de bêtes car ici on est habitué à agneler avant de monter aux estives si bien qu’en septembre il n’y a plus d’agneaux à la vente
»

Après avoir connu deux années difficiles après l’épidémie de FCO, l’avenir semble sourire à cet éleveur ovin qui a pour projet d’augmenter son troupeau et d’agrandir les bâtiments de l’exploitation…

Car en septembre, c’est son fils qui s’installe avec lui en Gaec: «le problème dans notre profession c’est la courbe des âges, les éleveurs ont plus de 50 ans […] pour ma part j’ai la chance d’avoir la relève»

Christian Derramond sera présent sur la traditionnelle foire de Tarascon les 7 et 8 mai prochains.

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 27/04/2011 | 21:14 | Lu: 10361 fois