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Il faisait bien «bio» à Lorp-Sentaraille ce week-end

© midinews 2013

Ce dimanche, la 11ème Foire bio de l’Ariège s’est délocalisée. Oh! mais seulement à quelques encablures de Saint-Lizier, aux environs du stade dans la commune de Lorp-Sentaraille.

Traditionnellement organisée par le Civam Bio 09 et ses nombreux partenaires, la manifestation n’a pas souffert de ce changement de lieu. Et même semblerait-il au contraire. Un public encore plus varié a fait le déplacement en cette belle journée ensoleillée d’autant que les accès (route, stationnements, cheminements) étaient du coup rendus plus aisés par cette plate localisation.

Toujours est-il «ce n’est pas la quantité qui compte mais bien la qualité. L’intérêt c’est que nos exposants s’y retrouvent sans concurrence déplacée. Le but c’est que tous travaillent et qu’au final ce soit la bio qui marque des points»

Tel est en substance le message que Frédéric Cluzon, l’actuel président du Civam Bio 09, tient d’abord à faire passer.
Un domaine, l’alimentation, qui suscite bien des appétitsDans une ambiance bon enfant, tous publics, la journée s’est écoulée au gré des senteurs et des couleurs, d’un étalage à l’autre souvent estampillé du célèbre logo vert sur fond blanc «AB»

Plus de 120 exposants ont fait le déplacement de l’Ariège mais aussi du grand sud. L’occasion aussi de réaliser qu’avec près de 400 agriculteurs et producteurs en Bio l’Ariège peut offrir une alimentation saine et variée aux gourmets les plus exigeants ou simplement attentifs à leur alimentation.

Flânerie sous le soleil automnal en musique sur les pas des clowns et musiciens d’un stand à l’autre avec toujours autant de chalands.

«Un thème -penser global- a été donné à cette 11ème édition, poursuivra Frédéric Cluzon, car il importe aussi de prendre conscience que consommer du Bio, local, c’est aussi maintenir une agriculture vivante, œuvrer pour le maintien de l’emploi paysan et pour le maintien des paysages»

Une certaine forme d’aménagement du territoire contenue dans l’acte d’achat au quotidien de tout un chacun. Manifestement un certain nombre n’auront pas boudé leur plaisir.

D’autant que la conférence animée par Marc Dufumier ingénieur agronome expert auprès de la FAO et de la Banque mondiale, Stéphane Linou, locavore et conseiller général dans l’Aude, sensible aux questions de la souveraineté alimentaire et Laurent Welsch maraîcher, président du réseau des AMAP Midi-Pyrénées aurait de quoi faire froid dans le dos.

Tant en d’autres lieux, d’autres sphères, on se rend compte que d’autres ont un appétit vorace sur ce bien précieux qu’est l’alimentation, les semences vivrières, sans forcément posséder de vision ou d’appétence pour des méthodes bio et même simplement conventionnelles.
Consommer est devenu notre dernier acte politique
Comme à son habitude, la foire bio a aussi été l’occasion de démonstrations et d’échanges avec la présence d’un village associatif et du pôle éco-habitat comportant de nombreuses animations (mur en pierres sèches, toit végétalisé, toit en chaume, enduits terres et chaux, etc.).

«Ce type de manifestation est aussi important pour nous, pour sensibiliser le grand public à leur pouvoir de choix en tant que consommateur. Il n’y a plus de choix politique mais reste le choix d’achat qui est le dernier acte politique s’il en est» estime Jean-Luc ,interrogé au hasard d’un stand appartenant à l’association Graines del Païs elle-même intégrée au réseau national Semences Paysannes.

«Préserver la variété est aussi fondamental pour la biodiversité. En ce sens, la biodiversité végétale est juste le reflet de la biodiversité humaine»

Signe des temps peut-être favorable pour son devenir, c’est une foule bigarrée et cosmopolite qui a profité sereinement et convivialement de cette 11ème foire Bio tout au long de ce dimanche ensoleillé butinant d’un étalage à l’autre dans le plaisir retrouvé de la variété.

Sylvain Sastre | 15/10/2013 - 19:10 | Lu: 18914 fois