Récolte des fraises de la Saint Martin en Haute Ariège
Avec sa jolie couleur rouge brillante, la Mara des Bois, cette fraise conique, a la particularité d’avoir le goût de la fraises des bois et de se récolter jusqu’aux premières gelées.
C’est sur la commune d’Ascou, sur la route du col du Pradel à 1200 m d’altitude, que Nicole et Jean-Claude Carrière ont installé leurs serres et à l’heure où la plupart des Ariégeois font des conserves de champignons, eux récoltent encore des fraises pour la vente ou la confiture.
Une production en jardin suspendu, une alternative au manque de foncier agricole en montagneAprès avoir enseigné plusieurs années l’arboriculture au lycée agricole de Moissac, Jean-Claude décide au début des années 80 de se lancer dans la production de fraises.
Mais face au problème du foncier en zone de montagne, il s’oriente vers la culture en jardin suspendu: «en 1984 quand je me suis installé comme producteur de petits fruits, j’étais répertoriés dans toutes les chambres d’agriculture comme l’exploitation fruitière la plus haute de France… à l’époque le système était révolutionnaire mais je n’aurais jamais eu ce résultat sur un terrain traditionnel»
Une culture très technique car les plants arrivent congelés, les mottes sont plantées dans des sacs de tourbe directement alimentés par un mélange d’eau et de compléments à base d’engrais végétaux (extraits d’algue, purin d’ortie, de prêle).
Le résultat est surprenant, du mois de mai au mois de novembre on récolte sans interruption. «Alors que les arboriculteurs de plaine ont terminé leur récolte, nous sommes en plein rush… il faut compter entre 700 et 800 kilos par an»
Aujourd’hui Jean-Claude cherche à mieux rationnaliser sa culture qui est souvent décalée avec les demandes des consommateurs.
Une culture respectueuse de l’environnementS’il n’est pas en label Bio, c’est une culture raisonnée et respectueuse de l’environnement: «ici il n’y a pas d’intrants, nous rencontrons actuellement, comme tous les producteurs de fruits à chair tendre, un problème lié à un ravageur qui détruit des récoltes entières, il s’agit de la mouche drosophile suzuki, dont les dégâts sont comparables à ceux du frelon asiatique.
On ne peut pas lutter biologiquement contre ce fléau car elle n’a pas encore d’auxiliaires et nous refusons de faire des traitements chimiques avec des produits toxiques qui tueraient les abeilles et pourraient altérer la santé des consommateurs. Nous avons trouvé une alternative avec des piégeages maisons»
En bouts de rangées des récipients contiennent une potion (1/3 de vinaigre de cidre, 1/3 de vin rouge, 1/3 d’eau et du liquide vaisselle) dans laquelle les mouches viennent se noyer, «c’est un gros souci pour nous car cette petite mouche pond à l’intérieur des fruits qui sont liquéfiés au bout de quelques jours. Sachant qu’un couple de mouches est capable en dix générations de produire 27 millions de spécimens… la petite mouche devient vite une grande catastrophe pour les producteurs que ce soient les fraises, les raisins, les myrtilles… tous les fruits à chair tendre»
Transformation sur place de ces petits fruits et vente dans la valléeDans les allées, Nicole récolte les fruits les plus mûrs, dès qu’une fraise est abimée elle est extraite: «nous avons de la chance pour la cueillette, c’est beaucoup moins fatiguant qu’en plein champ» explique cette Bretonne qui a décidé de faire une formation lui permettant de réaliser à partir de ses petits fruits coulis, confitures, vinaigres ou sirops.
Un labo est aménagé à quelques centaines de mètres des serres où près de la moitié de la récolte est transformée: «sur les 3000 pieds de fraises, il y a un rendement de 700 g par pied… de quoi faire quelques pots de confiture»
| Où trouver les petits fruits et les produits transformés Pâtissier d’Ascou, boutique et restaurant de Philippe Lacube aux Cabannes, primeur d’Ax les Thermes et magasins du terroir. On peut également rencontrer Nicole au festival des Saveurs tous les ans à Ax. |
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