La Bastide de Sérou: création de la première entité de gestion sylvicole durable
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La production de bois en Ariège représente 800 000 m3 par an d’accroissement, dont seulement 200 000 sont exploités.
La surface de la forêt privée en Ariège représente 135 000 ha pour 45 000 propriétaires dont la plupart ne possèdent qu'un ou deux hectares.
La forêt ariégeoise n’est donc pas suffisamment exploitée, elle est sous-évaluée et pratiquement abandonnée.
La forêt ariégeoise est remise en route
Conscient de ces problématiques, le Conseil général de l’Ariège a initié il y a quelques années une réflexion avec les partenaires locaux (propriétaires forestiers, PNR, CRPF et fédération pastorale) dans le but de mobiliser ce bois qui malheureusement reste sur pied et se déprécie.
Le département qui s’était déjà saisi de la problématique de la filière bois en soutenant l’installation de chaudières bois fait donc un pas supplémentaire en direction des propriétaires forestiers.
C’est Jacques Laffargue, président du CESA et ancien président de l’association des propriétaires forestiers de l’Ariège, qui porte avec le dynamisme qui le caractérise ce projet.
Un animateur, Nicolas Bèz, a été embauché pour mettre en place ce programme de valorisation du patrimoine sylvicole de ces petits propriétaires forestiers. Depuis un an, il rencontre des propriétaires, réalise des diagnostics, anime des réunions permettant d’aboutir à la réalisation d’unités de gestion forestières collectives.
La première création vient de se concrétiser à La Bastide de Sérou ce jeudi avec l’association syndicale libre de gestion Forestière de la forêt du Qué.
La surface inventoriée est modeste puisqu’elle ne représente que 40 ha et 14 comptes de propriétaires pour 2 800 m3 de bois mobilisable, mais il s’agit d’un premier pas pour remettre en route la forêt ariégeoise. Cette unité de gestion a la particularité de concentrer propriétaires privés et communaux.
«Nous avons réuni les propriétaires sous la forme d’une association, plus exactement une association libre, pour une gestion forestière car ils y adhèrent sous forme de volontariat et restent propriétaires de leurs forêts.
Cette association va leur permettre d’élaborer ensemble un plan simple de gestion pour exploiter les bois de ces parcelles. La deuxième phase consiste à mettre en place le concept que nous avons imaginé: le gestionnaire exploitant sylvicole (GES).
A partir des propriétaires regroupés en association on a ensuite une association au niveau du département pilotée et gérée par le Conseil général qui va venir en tant que maître d’œuvre pour la gestion forestière: aiguiller cette exploitation vers des marchés locaux, des entreprises forestières ariégeoises et pourquoi pas proposer des ventes de bois en bord de route pour rester dans le cadre des circuits courts»
Un concept innovant
Le concept de gestionnaire exploitant sylviculteur doit à présent faire son chemin.
Ce projet novateur a pour ambition de tirer le bois ariégeois vers la qualité pour une sylviculture dynamique et pour objectif affiché la création d’unités de gestion sylvicoles durables permettant la création d’activités et confortant les emplois de la filière bois tout en garantissant le renouvellement des ressources.
Après cette première association syndicale, le second projet touche la commune de Roquefixade et le massif de la Lesponne, beaucoup plus complexe et plus étendu en superficie.
«Nous n’en sommes qu’au premier niveau du projet. Dans notre étude, il faudrait réaliser 4 associations par an pour qu’ensuite la structure départementale puisse vraiment jouer son rôle d’animation et d’association.
Mais nous avons réalisé des simulations sur les trente prochaines années prouvant que cette filière est viable pour les propriétaires forestiers: un revenu leur est assuré avec une petite participation du Conseil général dont les élus ont réellement pris conscience de ces débouchés (une ligne budgétaire est désormais dédiée à la promotion de la filière sylvicole)»
Dans sa présentation, l’animateur a livré le rendu de son étude: volumes respectifs par essences d’arbres, accessibilité des parcelles, zones de dépôt, chablis à exploiter, anciennes prairies à valoriser... avant de répondre aux questions de l’assistance.
Pour Jacques Laffargue, c’est le début d’une grande histoire qui débute à La Bastide de Sérou, berceau symbolique de la filière bois en Ariège.
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