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Pour la Fédération Pastorale de l'Ariège, «les dispositifs d'aide au pastoralisme ne doivent pas être conditionnés par la présence de l'ours»

© midinews 2013

Vendredi soir avait lieu à Foix l’Assemblée Générale de la Fédération Pastorale de l’Ariège en présence de Frédéric Novellas, directeur de la DDT de l’Ariège, représentant les services de l’Etat, et d’une cinquantaine de personnes, majoritairement des responsables de groupements pastoraux.

Après l’AG historique de Castillon l’an passé où les éleveurs du Couserans avaient témoigné ouvertement du désarroi de leur profession et leur volonté de maintenir «un pastoralisme vivant», Claude Carrière, président de l’association, est revenu dans son rapport moral aux fondamentaux en rappelant les missions dévolues depuis près de 30 ans à la Fédération Pastorale: à savoir l’organisation, l’aménagement et la gestion des espaces pastoraux montagnards.
La fédération pastorale investit pour l’avenir et pour maintenir de la vie dans les montagnesAujourd’hui cet espace de 120 000 hectares accueille 50 000 ovins, 15 000 bovins et 2 000 équins provenant de 850 éleveurs-transhumants.

84 emplois saisonniers de bergers-vachers et 86 groupements pastoraux ont été créés; à son actif depuis sa création cela représente également la construction ou la rénovation de 250 cabanes pastorales, une moyenne annuelle de 1 à 1,2 M€ de travaux d’améliorations foncières et pastorales (clôtures, parcs, pistes, débroussaillement…) et une équipe de 9 agents au service des communes, des éleveurs et de leurs salariés pour encadrer, animer ce mouvement (expertise, conseil, appui technique).

Depuis 1988, les éleveurs bénéficient de dispositifs adaptés au pastoralisme. A l’heure où le nouveau Plan de Soutien à l’Economie Pastorale (PSEM) est en cours d’élaboration, la profession demande que ce programme soit dédié au pastoralisme et surtout pas à le conditionner à la présence de l’ours dans les Pyrénées ou celle du loup dans les Alpes.

«Le PSEM est en phase de remise à plat, dans la programmation 2014-2020 les services de l’Etat au niveau aménagement ont fait des propositions de financement. A priori les crédits sont là mais il faut rester vigilants sur les conditions d’attribution de ces aides et surtout rester clairs sur les attendus de ces nouveaux dispositifs […] Les grandes lignes sont prises, reste le détail où il faudra faire des économies à la marge. Tout cela se discute jeudi prochain à Toulouse»

Au niveau du PSEM pour la période 2008-2013, l’Ariège consommait un tiers du budget (tous massifs confondus) pour la conduite de troupeau (avec 800 000 euros de gardiennage), l’animation, les améliorations pastorales et les cabanes pastorales.

Aujourd’hui la fédération pastorale de l’Ariège compte 9 salariés renforcés en période estivale de 2 à 4 vacataires missionnés pour réaliser les diagnostics pastoraux.

Le Conseil général en finance le secrétariat et un poste de chargé de mission (responsable des espaces forestiers): «nous mettons à disposition une personne dédiée à la gestion administrative et à la comptabilité des GP, il y en a 85, avec des salariés cela peut rapidement devenir compliqué! Parmi nos missions la réalisation de cabanes qui facilitent l’installation de pâtres. Vous l’avez-vu à Mérens vendredi, il faut compter 180 000 euros HT, une somme financée à 80% le reste étant à la charge de la commune, il y a donc un réel choix politique.

Nous venons d’en terminer cinq et dix cabanes sont au programme dans les années à venir (il faut compter un rythme de 3 par an)… les captages nous pénalisent dans les délais car depuis peu il faut se lancer dans des études hydrologiques de mise en conformité sur les cabanes existantes avec des périmètres de protection. Un captage représente entre 10 à 30 000 €
»

Le président de la fédération pastorale s’est réjoui des relations entretenues avec l’ONF et des signatures de conventions pluriannuelles de pâturage (CPP) concernant les estives situées sur les domaniaux: 25 ont déjà été signées et 15 sont en cours de rédaction, le montant du fermage est calculé sur la base de 0,025 €/hectare pour une durée 9 années.

Sur la période 88-2013, 250 cabanes ont été rénovées ou construites et 58 bergers installés, ils sont formés pour la plupart au CFPPA de Pamiers. La relève est là mais c’est pourtant avec beaucoup de crainte que Claude Carrière envisage l’avenir: comment ces nouveaux bergers vont-ils appréhender le métier avec la problématique de l’ours?
La présence de l’ours nuit au pastoralisme
Pour le président de la fédération pastorale, les indemnisations sont à améliorer tant au niveau du constat que des finances: «nous travaillons actuellement avec le préfet, nous réfléchissons à un système plus dynamique mais ce ne doit pas être une solution durable.

Nous soutenons totalement la motion prise par le Conseil général la semaine dernière demandant le retrait des ours slovènes du territoire ariégeois et soulignant l’échec de cette réintroduction. Il s’agit pour nous d’une mise en désordre du territoire qui dépasse la seule activité agricole.

Suite à leur sédentarisation ces ours s’installent durablement et se concentrent dans le Couserans, impactant ainsi les opérateurs locaux du tourisme (3000 km de sentiers balisés), de la montagne (refuges gardés) sans parler des forestiers, des chasseurs ou des promeneurs.

L’Etat est responsable de ce désordre et ce n’est pas avec des indemnités pour compenser les dégâts ours, dont personne ne veut, qu’il va pouvoir solutionner un problème qui aujourd’hui le dépasse […] l’Etat doit agir rapidement. Les années se suivent, le climat se dégrade, l’acceptation n’est plus de mise. Tout a été dit et redit, expliqué et démontré… l’action est politique
»

Au moment des questions avec l’assemblée présente, il a été question de la MSA, assureur majoritaire des groupements pastoraux, dont les services sont désormais centralisés à Toulouse.

«Nous avons beaucoup de difficultés à trouver des interlocuteurs directs, beaucoup parmi nous ont enregistré des hausses substantielles dans leurs cotisations sans avoir pu se mettre en relation avec un responsable et être correctement renseignés»

Laurence Cabrol | 12/11/2013 - 18:38 | Lu: 34396 fois