Les scientifiques du PNR face au public, une pièce en plusieurs actes à Max Linder
Avant la grande journée de sortie sur le terrain, quelque peu perturbée par la météo automnale ce samedi, les experts locaux qui composent le Conseil Scientifique du PNR des Pyrénées Ariégeoises ont donné rendez-vous au public pour une explication de texte de l’état d’avancement de leurs travaux, salle Max Linder à Saint-Girons.
Une salle quasi-comble, si ce n’est quelques fauteuils vides de ci de là, est venue écouter puis participer à cette journée d’échanges du vendredi dont ces rencontres avec les scientifiques du parc constituaient la 4ème édition de ces rendez-vous devenus réguliers, tous les deux ans.
«L’esprit de ces rencontres, précise Matthieu Cruège, directeur du PNR, c’est de rencontrer le scientifiques. Bien sûr il y a des présentations mais cela donne lieu à des dialogues, échanges et débats. Tout un chacun peut alors poser des questions. Le principe c’est que tous ces experts, chercheurs dans les différents domaines rendent compte de leurs activités auprès des habitants du territoire, intéressés par le parc dans ses différentes dimensions»
Biologie, forêt, pastoralisme, eau, géologie, sciences humaines, archéologie, histoire et préhistoire, ces dimensions justement, à l’image du glacier d’Arcouzan, sont vastes.
Evocation de la problématique neige, de l’évolution favorable du glacier du Mont Valier, des travaux de la station d’écologie expérimentale de Moulis, des découvertes archéologiques, les champs abordés l’ont été tout autant avec en point d’orgue le dialogue instauré entre scientifiques et participants sur le thème central de l’après-midi: la forêt ariégeoise, ses usages, sa gestion et le développement d’une filière bois.
«Aujourd’hui il y a eu 17 interventions sur des aspects divers. On a un spectre de thèmes et d’approches, reflets de la diversité du parc». La preuve par l’exemple avec deux intervenants de la matinée.
Le territoire du parc est riche
A la tête d’un programme collectif de recherche, Florence Guillot revient sur les dernières découvertes archéologiques. «Fouilles de châteaux, sondages archéologiques, travaux sur des abris pastoraux… l’objet de l’archéologie médiévale telle que nous la faisons sur le territoire du parc est d’inventorier les éléments du patrimoine mais aussi de déceler et solutionner ce qui nous pose problèmes et questionnements.
Le territoire du parc est riche, il présente l’avantage d’être conservatoire, ce qui permet de conserver plus facilement les vestiges et cela est plus facile de faire des recherches, des inventaires, en ce qui concerne le moyen âge.
Il est très riche car il y a montagne, piémont et plaine, caractéristiques d’habitats différents en cette période. La plus grosse fouille archéologique reste sur le territoire celle réalisée à Auzat, sur le château de Montréal-de-Sos, exceptionnelle par sa durée et les informations recueillies.
Ces travaux sont l’occasion de valoriser le site, le nettoyer, installer des aménagements comme tables d’orientation, cheminements, etc… aujourd’hui le site accueille près de 15.000 visiteurs. D’autres projets associant recherche scientifique parallèlement à la valorisation sont en projet comme en Couserans avec les Châteaux de Mirabat, de Cazavet, etc.»
Une perception de la richesse patrimoniale du parc qui se mesure aussi à l’échelle de la forêt. Pour Arnaud Chandivert, venu de Montpellier et qui connaît bien l’Ariège pour y avoir élaboré sa thèse, il convient pour autant de souligner que «l’omniprésence de cette forêt, à nos portes, reste paradoxale. C’est à la fois un signe de déclin matérialisant le recul des hommes et l’avancée du bois.
Mais elle est aussi synonyme de ressources et usages multiples: conservatoires pour sa protection, récréatives (tourisme et loisirs) mais aussi productives et pas seulement en termes de filières bois pour les activités pastorales qu’elle abrite également.
Avec 53% de la couverture forestière, très importante sur le département, il convient d’avoir à l’esprit qu’elle n’est pas seulement le fruit d’une avancée naturelle mais d’un processus social, économique et technique fonction des modalités d’usages du territoire»
Deux journées riches assurément et pleines d’enseignements dont chacun pourra à loisir consulter les actes des quatrièmes rencontres à compter du 1er février depuis le site internet du parc.
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